Michelin : "plus de sanctions véritables et des promotions bizarres"

Antoine Oury - 17.02.2014

Edition - Les maisons - Guide Michelin - Gilles Pudlowski - critique gastronomique


On ignore si à la fin de l'envoi, Gilles Pudloswki aura touché, mais son attaque en règle contre le Guide Michelin est incisive : non seulement, la publication aurait perdu ses qualités de découvreur de talents. Finalement, trouver grâce auprès du Guide ne serait plus si glorieux, et il n'y aurait bien que les rois mages pour se fier aux étoiles décernées. D'autant que l'année 2014 ne ferait pas exception à ce qui serait devenu une généralité… 

 

 

Michelin Guide 2007

C'était mieux.... avant ?

Mark Morgan Trinidad B, CC BY 2.0

 

 

Dans les colonnes du Point, Pudlowski ne mâche pas ses mots, et le discours est sacrément épicé. Car, depuis que Michael Ellis et Juliane Caspar ont la responsabilité du Guide, tout va, non pas en vol-au-vent, mais bien à vau-l'eau. Comme si mettre un Américain et une Allemande à la tête du Guide lui avait causé un quelconque préjudice. 

 

« Comment juger dès lors leurs sélections ? Plus guère de sanctions véritables et des promotions souvent bizarres. […] Sa promotion prouvera en tout cas que, selon Michelin, qui a ici emboîté le pas au Gault & Millau, on peut être le meilleur chef de France... sans être forcément le meilleur de sa cité. »

 

Dire que l'ensemble est gratiné frôle l'euphémisme, quand le critique souligne que « Alain Ducasse va retrouver au Meurice les trois étoiles qu'il détenait au Plaza-Athénée (actuellement fermé). Et rien de plus significatif ». Et de souligner que c'est la direction qui désormais décerne les étoiles, et non plus les inspecteurs qui se rendent dans les restaurants… 

 

Et de s'interroger : « Michael Ellis affirme qu'il veut consacrer des jeunes. Ce qui est fort louable. Mais est-ce une raison pour en oublier de couronner des chefs de référence ? »

 

En attendant que la moutarde ne monte au nez des responsables du Guide ?