Mick Jagger n'a pas couché avec Bowie, il préfère la lecture au sexe

Clément Solym - 23.11.2012

Edition - International - Mick Jagger - Rolling Stones - Philip Norman


En juillet sortait en France la biographie non autorisée de Mick Jagger par Christopher Andersen chez Lattès. Elle s'intitulait  Mick, Sex and Rock ‘n' Roll et il y était surtout question des frasques du chanteur, l'homme aux mille femmes. Philip Norman a pris le contre-pied de cette démarche style Voici pour livrer une étude plus approfondie du personnage et surtout ce qui se cache derrière l'image du leader des Rolling Stones. 

 

Mick Jagger

nancyrowina, CC BY-NC-ND 2.0

 

 

Son propos : Mick Jagger n'est pas celui que l'on croit. Certes, on savait déjà que le chanteur britannique avait aussi (et surtout ?) l'âme d'un entrepreneur et que son personnage de rockeur décadent relevait en partie d'une construction médiatique à des fins marketing. Mais son nouveau biographe va plus loi, prenant soin de démonter les nombreux clichés qui entourent la personnalité de Mick.

 

En effet, ce nouveau livre sur l'ancien élève de la LSE (London School of Economics) annonce la couleur avec un titre sobre : Mick Jagger. Pas de références aux partouzes ou aux drogues dures donc. Philip Norman qui sait de quoi il parle (il a déjà commis un travail important sur la vie de Lennon) ne veut pas faire dans les potins ou le sensationnel.

 

Les Stones et le diable

 

Mick Jagger n'est pas un suppôt de Satan comme certains l'avaient cru quand il chantait en 1968 Sympathy for the Devil. C'est le manager du groupe de l'époque, Andrew Oldham, qui a encouragé Mick et Keith à surenchère dans la provoc', histoire de créer une image à l'opposée des gentils Beatles. Et cela a fonctionné à merveille : même si tout le monde râle face aux prix des billets des derniers concerts, on les achète quand même.

 

« Le vrai Mick Jagger n'a rien à voir avec l'image publique qu'il s'est construite » affirme Norman. Certes, le chanteur a l'âme d'un éternel adolescent, mais cela ne l'empêche pas d'être un homme d'affaires intransigeant : les Rolling Stones sont autant un groupe de Rock qu'une marque à part entière.

 

Ce bouquin de 600 pages n'est pas seulement une déconstruction de ce personnage aux multiples facettes, plus compliqué qu'à première vue. Son biographe est bien obligé se sacrifier au rite de la mythologie Jagger, mais surtout pour nuancer et remettre en question bon nombre de ragots qui sont maintenant devenus des légendes urbaines.

 

Alors ce fameux côté obscur ?

 

Il revient ainsi sur l'affaire Bowie et le tristement célèbre concert d'Altamont. Dans le premier cas, tout ce que l'on a pu dire est loin d'être vrai. Concernant le concert meurtrier, Norman, qui a suivi les Stones depuis leurs débuts, explique que Jagger a tenté de calmer la foule en jouant Under my thumb. En revanche, il ne nie pas les nombreuses infidélités de Mick.

 

Toutefois, de l'avis de nos confrères américains qui ont lu le livre en détail, celui-ci se lit avant tout comme un roman d'apprentissage dans lequel il est question du parcours de Jagger de ses débuts à nos jours.  Il décortique sa personnalité, tour à tour égocentrique, orgueilleuse et sensible père de famille. Cependant, nul côté obscur chez le gamin de Dartford.

 

On y apprend même un truc assez étonnant. Entre Marianne Faithfull et Mick, en couple de 1966 à 1970, au lit les choses se sont assez rapidement calmées. Pendant la majeure partie de leur relation, ils préféraient lire que faire l'amour indique Norman. Voilà un scoop pour casser un peu le mythe Jagger !

 

Le livre sortira en France le 26 novembre prochain, publié par les éditions Robert-Laffont. Logique pour le cinquantième anniversaire des Stones. D'ici là, il est publié en version anglaise chez Doubleday Canada pour 35 dollars.