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Migrants : Emmanuel Macron taxe Le Clézio de "faux bons sentiments"

Laure Besnier - 11.01.2018

Edition - Société - Emmanuel Macron - Clézio Tribune - Migrants Politique


« Il faut se garder des faux bons sentiments » réplique Emmanuel Macron à ceux qui critiquent la politique concernant les migrants et le droit d'asile, comme l’écrivain Jean-Marie Gustave Le Clézio, prix Nobel de Littérature. Dans une tribune publiée par L’Obs, l'écrivain s'indigne de l'actuelle situation. Et des mesures prises pour l'accueil des populations. 

 

Jean-Marie Gustave Le Clézio
Holger Motzkau, CC BY-SA 3.0



« Comment peut-on faire le tri ? Comment distinguer ceux qui méritent l'accueil, pour des raisons politiques, et ceux qui n'en sont pas dignes ? » Révulsé, Jean-Marie Gustave Le Clézio dénonce « le tri » fait entre les migrants à qui l’on accorde le droit d’asile ou non, ceux qui fuient pour des raisons politiques leurs pays ou ceux qui tentent de s’échapper d’un contexte de misère. L’écrivain déplore « un déni d’humanité insupportable » dans un grand et beau texte. 

Même s'il « n'est pas question ici de sentimentalisme, ni d'apitoiement facile », l’auteur du Procès-Verbal ou encore, plus récemment, d'Alma, explique : « J’ai été l'un d'eux jadis, quand ma mère nous a emmenés mon frère et moi traverser la France [...] pour fuir la guerre. Nous n'étions pas des demandeurs d'asile [...] Nous cherchions un endroit où survivre. » 


L'auteur s'interroge : « Est-il moins grave de mourir de faim, de détresse, d'abandon, que de mourir sous les coups d'un tyran ? » Il continue : « Prenons garde à ne pas dresser autour de nous des frontières mentales encore plus injustes que les frontières politiques ». 

De fait, le prix Nobel dénonce la politique, ce « monstre froid » qui suit « des lois et des instructions qui ne tiennent pas compte du sentiment humain ». Après tout, « s'il est avéré que pour faire déguerpir les migrants qui dorment sous une bâche par six degrés au-dessus de zéro les milices crèvent leurs tentes. [...] S'il est avéré qu'on pourchasse les misérables comme s'ils étaient des chiens errants. Eh bien, cela est dégueulasse. Il n'y a pas d'autre mot. »

Et d'insister : « Il est encore temps d'agir. [...] Que l’invraisemblable budget qui sert à alimenter la machine de guerre a travers le monde accorde une part, une miette seulement, pour aider les citoyens des pays en détresse, pour l'eau potable, l'éducation, la médecine, la création d'entreprise, l'équilibre - la justice. »
 


Mais la tribune ne semble pas avoir particulièrement remué Emmanuel Macron. À Rome, lors d'une conférence de presse avec le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni, le chef de l'État appelle à « se garder des faux bons sentiments » et indique qu'« il y a beaucoup de confusion chez les intellectuels ». Une manière de faire taire le débat lancé par Le Clézio. 

De surcroît, le Président a ajouté que La France [n'était] pas fermée ». Et de rappeler qu'un record de 100.000 demandes d'asile avaient été déposées en France l'an dernier. Il indique également que nous sommes face « à des vagues migratoires [...] qui sont inédites depuis la fin de la Seconde guerre mondiale ». En même temps, selon lui, la politique du gouvernement « ne remet en rien en cause le droit d'asile [...]. Il y a des femmes et des hommes qui arrivent qui ont le droit d'être protégés et ils le sont ».



Via L'Obs, Europe 1, Nice-Matin




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