Misogynie mise à part... la romancière tiraillée...

Clément Solym - 24.08.2010

Edition - Société - écrivain - femme - guerre


Pourquoi cela échapperait-il à la littérature ? La guerre des sexes fait rage dans tous les domaines de la société. La littérature pour filles (chick-lit en anglais) voire même les grandes sagas sur fond de romances ne parviennent pas à trouver un public véritablement mixte.

On peut toujours rêver, mais le temps où les mâles abandonneront négligemment leur dernier Musso sur la table basse du salon n’est pas pour tout de suite. 

Pour l’auteur A.S Byatt, le fait même d’être une écrivaine porte préjudice à la légitimité ou l’intérêt que le lecteur -mais surtout les critiques- pourraient lui porter. Et pourtant, qui pourrait taxer Byatt d’être une auteure féministe aigrie par l’insuccès ?

La dame a remporté le prestigieux Booker Prize en 1990 et a failli rééditer l’exploit l’an passé. Plus récemment, celle qui a connu le succès avec Possession a reçu le James Tait Black Memorial Prize : la plus ancienne récompense littéraire.

Si ce palmarès est la preuve qu’elle-même, au moins, ne souffre pas d’être déconsidérée, il y aurait bien des concours littéraires qui verseraient plus dans la pitié et le lot de consolation que la renommée incontestable. Elle évoque le prix Orange d’Édimbourg. Parce que limité aux seuls avatars modernes de Colette, « le prix Orange est sexiste », assène-t-elle. Et précise pertinemment que « vous ne trouverez aucun prix réservé aux hommes ».

Une preuve selon elle que chez les critiques, l’écrit a forcément originaire Vénus ou Mars. Et dans le premier cas, les critiques ont l’habitude d’y voir un handicap lorsqu'il s'agit de rédiger des fictions de qualité. Si la femme n’a pas d’humour elle a encore moins le goût pour l’imaginaire. C’est bien connu.