Mitterrand a fait le nécessaire pour aider la librairie

Clément Solym - 04.04.2012

Edition - Librairies - Frédéric Mitterrand - librairie - soutien


La hausse de la TVA pour le livre risque de devenir l'un des sujets les plus en vogue de l'édition ces prochains temps. Les éditeurs vont remonter les prix des ouvrages, les libraires vont avoir à répercuter cette hausse, remettre des étiquettes... et expliquer aux clients pourquoi le prix en caisse n'est pas le même que celui affiché sur la couverture...

 

La Ville de Paris avait d'ailleurs dégainé un communiqué de presse pour déclarer au gouvernement toute son opposition à cette mesure de hausse de la TVA. « Personne n'ignore que, malgré ces règles, la marge nette moyenne des libraires est très faible et que l'ensemble des acteurs de la chaîne du livre est extrêmement fragile économiquement. » (voir notre actualitté)

 

 

 

Le ministre de la Culture, qui depuis quelque temps assaisonne gentiment la gauche et les socialistes de petites piques bien senties a entendu l'appel de la Ville de Paris. D'un côté, on acte une nouvelle fois la hausse de la TVA, mais la rue de Valois rappelle également l'« attention particulière des pouvoirs publics à l'équilibre économique des librairies ». C'est que le ministre, qui avait fait grand bruit durant le Salon du livre de Paris, tient à faire valoir son engagement « à accompagner les professionnels du livre pour que la transition vers le nouveau taux réduit soit neutre à leur égard ». 

 

La mission de Pierre-Fraçois Racine, sur laquelle s'est appuyé le ministère, avait dégagé trois axes, qui étaient autant de mesures impératives et « exceptionnelles » pour assurer la meilleure des transitions possibles, tout en confirmant « les caractères spécifiques du livre par rapport aux autres filières économiques touchées par la réforme fiscale ».

 

Mesures que la rue de Valois redétaille dans son communiqué : 

 

Tout d'abord, un délai de trois mois a été mis en place pour l'entrée en vigueur du nouveau taux réduit, permettant aux professionnels d'organiser la transition entre le 1er janvier et le 1er avril. Le report de la mesure a permis la mise à jour du système d'information professionnel contenant plus de 700 000 références d'ouvrages. En outre, un système d'information spécifique a été mis en place pour les librairies non informatisées. À la date du 1er avril 2012, les détaillants étaient donc en mesure de connaître les nouveaux prix fixés par les éditeurs. La transition peut ainsi se faire dans le respect de la loi du 10 août 1981 sur le prix unique du livre. À cet égard, les pouvoirs publics resteront attentifs à ce que tous les circuits de diffusion du livre, et particulièrement les grands acteurs de la vente en ligne tels qu'Amazon, respectent pleinement les dispositions de cette loi en matière d'application du prix fixé par l'éditeur et du taux maximal de rabais autorisé.

Par ailleurs, un régime favorable a été aménagé pour les retours de livres jusqu'au mois d'août 2012 et la mise à jour des informations tarifaires destinées aux consommateurs pourra être faite de manière différée et progressive.

Enfin, le ministère de la Culture et de la Communication salue la responsabilité manifestée par les éditeurs qui, tenus par la loi du 10 août 1981 de fixer un prix de vente au public des livres, ont fait évoluer leurs tarifications avec le souci de préserver les équilibres économiques de la librairie. Le passage au nouveau taux réduit de TVA se fera ainsi sans dévalorisation des stocks inscrits aux bilans des libraires.

 

Il est également bon de rappeler combien cette hausse de la TVA, qui impacte les professionnels, mais retombe aussi sur le dos du contribuable, s'ajoute à différentes aides qui sont octroyées à la librairie par le biais de subventions versées par l'État. (voir Les aides aux librairies

 

D'autre part, il est de plus en plus envisagé de trouver des moyens de taxer les ventes sur internet, ou les ventes tout court, en vue de la création d'un fonds de soutien pour les librairies. Une situation qui ferait doucement ricaner certains. « Il faudrait leur demander, à ceux qui souhaitent instaurer une taxe sur les vendeurs en ligne, pourquoi ils ne pratiquent pas une politique commerciale différenciée, entre les vendeurs en ligne et les librairies indépendantes. En opérant un traitement différent sur les remises accordées aux uns et aux autres, on aurait déjà une initiative intéressante », expliquait Renny Aupetit, membre du réseau de librairies Librest. (voir notre actualitté)