Mitterrand désavoue Fillon : 'J'étais contre la hausse de la TVA.'

Clément Solym - 11.05.2012

Edition - Librairies - Frédéric Mitterrand - hausse de la TVA - livre


Retour chez nos confrères de France Inter, qui recevaient ce matin le futur ex-ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand. Après la très significative boulette d'un ministre qui propose de faire une remise sur son dernier livre, ce dernier est revenu sur la politique menée dans le secteur de l'édition. Ambiance chaleureuse et tacles de rigueur.

  

C'est tout d'abord par une défense et illustration (ou presque) de la langue française, que le ministre commence, jurant que « le français n'est pas autant en recul qu'on le dit ». « Ce n'est pas vrai que la francophonie recule. Il y a plus de gens qui parlent français dans le monde, qu'il n'y en avait il y a 20 ans. » Pour le ministre, on assiste simplement à « une montée en puissance de l'anglais, il y a la langue, la novlangue d'internet et de l'ordinateur. »

 

C'est aussi l'heure des confessions, dont un petit morceau sur la Tunisie : « on a été mauvais, on est d'accord, et moi le premier ». Les amateurs apprécieront.

 

Avant d'entrer dans le vif du sujet, le ministre évoque également l'impossible, l'impensable, division du ministère de la Culture et de la Communication. Au contraire, en regard des questions posées par la numérisation patrimoniale, il envisagerait plutôt que l'on raccroche le Secrétariat d'État au numérique, justement au ministère de la Culture. 

 

 

 

Mais venons-en au fait. « J'ai réussi à préserver le budget de la Culture, et c'est quelque chose dont je suis très fier, excusez-moi de le dire. J'ai réussi à préserver le budget de la Culture en France, qui a été un peu raboté sur les bords, mais vraiment très très peu, en jouant notamment sur les fonds de roulement de certains établissements publics - mais personne ne l'a senti - j'ai réussi à sanctuariser le budget. Et regardez ce qui s'est passé dans les autres pays d'Europe : au Portugal, on a même supprimé le ministère de la Culture. »

 

Du grand art, les bibliothèques et autres musées seront sûrement ravis de découvrir ces précisions.

 

Le week-end qui a tout tué

 

Et puis, viennent la question des librairies et de la hausse récente de la TVA, qui n'a pas manqué de rendre le secteur plus fragile encore. « Oui, c'est un vrai problème, parce que moi j'étais contre l'élévation de la TVA. » Et d'ajouter : « Ça c'est passé comme une sorte de coup d'État du ministère des Finances. Ça s'est passé durant le week-end. »

 

Un week-end, en effet, et un week-end bien sinistre, qui dévoilait « une mauvaise mesure au mauvais moment », selon un responsable du Syndicat national de l'édition, début novembre. L'annonce de François Fillon ne laissait en effet que peut de doutes, puisqu'« à la lecture du communiqué émanant du Conseil des ministres, sauf à penser que le livre serait uniquement destiné aux handicapés », commentait un professionnel... (voir notre actualitté)

 

« J'avais réussi, précédemment, un an avant, à éviter un autre coup d'État de cette sorte, concernant la TVA sur Canal, qui aurait considérablement obéré la production du cinéma. » Sauf qu'en travaillant d'arrache-pied, et avec de bons lobbyings, le ministère a obtenu gain de cause.

 

Impossible résistance

 

Pour les librairies, cela s'est passé de la même manière, « mais on n'avait plus la possibilité de résister aussi fort, c'était dans un moment de grande inquiétude économique, on n'a pas réussi ». 

 

Une situation qu'il regrette, mais durant cette période, peu après l'annonce du plan de rigueur Fillon II, qui relevait le taux de TVA de 5,5 % à 7 %, pour le livre, notamment, le ministre de la Culture avait été mis aux arrêts, sous silence, et n'avait pas bougé une oreille. Sinon avec la création d'une commission, chargée de réfléchir à un accompagnement de cette mesure… et dont on attend toujours de savoir à quoi bon elle aura pu servir… « Ça prouve surtout que ces politiques de droite n'ont qu'une vision à courte vue, et pire encore, ce projet démontre ce que pèse aujourd'hui le ministère de la Culture dans les décisions prises. Si le ministère ne sert plus à rien, ou n'existe plus, il faut le dire, et le supprimer », nous disait un libraire en novembre dernier.

 

Cependant, le ministre estime avoir fait, durant ses trois années d'exercice, plus pour les librairies que l'on n'avait jamais fait dans le pays. « Et donc ça a rendu tout le plan librairie que l'on a mis en place et qui était vraiment, considérable… ça l'a rendu inaudible. C'était à la fois un mauvais coup pour les libraires, qui se sont sentis abandonnés, fragilisés encore plus, et un mauvais pour la politique que l'on a faite pour la librairie, qui était une politique extrêmement positive. Donc c'est une erreur. Bien, on commet des erreurs, et cette erreur, je n'ai pas pu l'empêcher. »

 

Outre donc que le premier ministre François Fillon est en tête de peloton pour cette claque et ce désaveu, le ministre botte tout de même en touche. 

 

A Lire :

François Fillon : On n'a pas le con d'être aussi droit

 

Fort heureusement, les socialistes avaient assuré d'un retour à une TVA à 5,5 % pour le livre… il ne resterait donc plus qu'à l'attendre…

 


Frédéric Mitterrand par franceinter




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