Mitterrand mécontent de la nomination d'Olivier Henrard

Clément Solym - 10.01.2011

Edition - Société - henrard - mitterrand - culture


Voir débarquer OIivier Henrard rue de Valois n'a pas vraiment, voire pas du tout, enchanté le ministre de la Culture. Frédéric Mitterrand, notait le Canard enchaîné de la semaine dernière, a fait valoir une certaine colère, à se faire imposer ce bonhomme.

Selon le Volatile, le ministre craint de se trouver sous « la tutelle d’un ancien collaborateur qui, en outre, l’avait quitté pour cause d’incompatibilité d’humeur ». Pas vraiment de quoi susciter le bonheur et la bonne entente dans le ministère. LePoint.fr avait à ce titre publié une belle chronique faisant état des tensions entre les deux hommes.
La pauvreté des "cerveaux" du ministère se manifeste, du coup, par la multiplication des missions de réflexion confiées aux personnalités extérieures : mission Olivennes sur le piratage, mission Bethenod sur le marché de l'art, mission Hoog sur les conditions d'accès des distributeurs en ligne aux catalogues des maisons de disques, mission Zelnik sur l'offre légale, mission Tessier sur le livre numérique, etc. La Rue de Valois, faute d'experts, décentralise sa réflexion.
Et l'hebdomadaire satirique d'ajouter que dans les couloirs de la rue de Valois, la tension monte. Attendu que la nomination de l'intéressé s'était faite, sans même que le ministre soit consulté, ce dernier aurait contacté Claude Guéant, secrétaire général de l'Élysée, pour indiquer son mécontentement. En fait, manifestement.


Olivier Henrard, présent aux voeux du SNE et salué par Antoine Gallimard, va occuper, rue de Valois la charge des affaires culturelles. Parmi ses attributions, les nouvelles technologies et le droit d'auteur. Il avait, à ce titre, travaillé du temps de Jacques Chirac à la mairie de paris, sur le livre et les archives.

Marianne2 dévoile toutes les ficelles de la tension entre les deux hommes.

Olivier Henrard avait été l'un des acteurs majeurs de l'Hadopi, et surtout, tenu pour responsable du bug de l'anticonstituionnalité de la loi, qui s'était fait renvoyer alors dans les choux. Hadopi 1 avait ainsi été rejetée par le Conseil constitutionnel, qui lui reprochait, entre autres de ne pas prendre en compte la présomption d'innocence, complètement occultée par le texte soutenu alors par Christine Albanel.

À cette occasion, le SNE avait déploré la décision du Conseil constitutionnel, estimant qu'on assistait à une « régression démocratique à refuser de rémunérer le travail intellectuel, l’œuvre de l’esprit, alors qu’on accepte de payer pour des biens matériels ou des services ». (notre actualitté)