Mitterrand : numériser, avec Google, et un ebook pas cannibale

Clément Solym - 09.12.2011

Edition - Société - numeriser - patrimoine - Google


La question de la numérisation du patrimoine de la BnF ne date pas d'hier. Et le ministre de la Culture a été mis à rude épreuve dans ces questions, lorsqu'il a été question que Google s'en mêle.

En septembre 2009, alors qu'un possible accord se profilait, Frédéric Mitterrand souhaitait avant tout apaiser les passions. « La numérisation du patrimoine de la Bibliothèque nationale est un sujet bien trop important pour qu'on le laisse s'envenimer par des controverses », expliquait-il. « La numérisation de tous les patrimoines doit se faire dans une garantie d'indépendance nationale absolue. »

 


Et puis, est venu septembre 2010, et la rentrée où le ministre fit un nouveau point sur la question. Et cette fois, le ministre faisait valoir qu'il ne souhaitait pas « diaboliser Google ». Selon lui, il y avait « sans doute des choses à faire ensemble. On peut très bien participer, par exemple, à leur projet d'institut culturel en France. Mais leur présence accrue n'empêche pas de poser la question d'une taxe Google. Et, sur la question de la numérisation des fonds, Google n'est pas seul, ils ne doivent rien nous imposer et j'espère que d'autres projets émergeront » (voir notre actualité).

 

Projet d'Institut culturel qui a été organisé, et même unauguré en début de semaine.

Un discours qui fut d'autres fois nuancé. Concernant la numérisation : pour les oeuvres sous droit, « impossible d'accepter que le droit d'auteur soit bafoué », et pour le domaine public, attention « au risque de position dominante », comme à la pérennité de l'entreprise et donc des fichiers. Il prendra « la décision que je jugerai la meilleure », après avoir réfléchi à la pertinence d'un accord avec Google, expliquait-il toujours en septembre 2009.

Bienvenue fin 2011

Aujourd'hui, le ministre a définitivement pris position. « Ce qui est très intéressant c'est de voir que Google a manifestement pris conscience d'un certain nombre d'obstacles juridiques et de comportements qu'il ne fallait pas adopter. » Et il est vrai qu'en plus, des acteurs de l'édition ont passé des accords - Hachette Livre, La Martinière Groupe - avec la société. Donc une situation qui a, heureusement, bien évolué, et la communication ne passe plus par des communiqués annonçant des batailles et des victoires...

« Maintenant c'est beaucoup plus calme. Google a décidé de prendre en compte beaucoup mieux les réalités françaises pour une raison précise : c'est que les réalités françaises sont en fait la tête de pont de Google pour le reste de l'Europe. C'est du réalisme et par ailleurs Google offre un service et une efficacité formidables. Et donc, se dire que l'on va numériser notre patrimoine, notamment littéraire, sans Google, ce serait une folie », déclare le ministre à BFM Business.

 

Pas de cannibalisation numérique

Un bon point de régler, donc, et les amateurs pourront toujours apprendre que le ministre vient d'enterrer pour tous la hache de guerre entre le numérique et le papier. « Le livre numérique ne prend pas au livre papier contrairement à ce qu'on pouvait craindre. On s'est aperçu qu'en vérité c'est une offre supplémentaire et que ça prend un petit peu, mais très peu. Maintenant il faut veiller à ce que les libraires ne soient pas lésés. »

Merveilleux...