Mitterrand pour son final propose une violation de la loi Lang

Clément Solym - 11.05.2012

Edition - Société - Frédéric Mitterrand - ministre de la Culture - bilan


Le futur ex-ministre de la Culture était facétieux ce matin, alors que France Inter l'avait invité à commenter son bilan et son départ prochain. Actuellement occupé par « les affaires courantes », « comme vous, Bruno Duvic [NdR : l'animateur], vous êtes une affaire courante », le ministre assure avoir encore beaucoup de choses à faire avant son départ.

 

Mais le ministre est prévoyant : aujourd'hui, il ne lui reste plus que des « des parapheurs jusqu'au plafond » dans son bureau. « Les cartons sont déjà partis, j'avais pris mes précautions », précise-t-il. Mais alors, in medias res, sur ce bilan, le ministre pense-t-il avoir réussi ? Au moins « à rassembler le tout », à savoir le leg très fort de François Mitterrand, avec tout ce qu'il avait porté, ainsi qu'une efficacité économique « que je reconnais plus à la droite qu'à la gauche ». 

 

Ministre de Nicolas Sarkozy, Frédéric Mitterrand déplore le manque d'indulgence qui a frappé dès le début le président, contrairement au panégyrique dont Hollande ferait alors aujourd'hui l'objet ?

 

 

 

Mais le ministre déplore également de n'avoir pas rencontré d'écho dans les médias, alors qu'il avait proposé une tribune à Le Monde, ou même au Figaro, dont il pouvait légitimement penser que cela lui serait plus facile d'accès. Ce silence, « les médias en sont en grande partie responsables », alors que lui-même aurait apprécié de pouvoir intervenir durant l'entre-deux tour. 

 

« Je pense que le programme économique de François Hollande n'est pas celui qui convient à la France », dans ce contexte de crise, estime le ministre. Il revient sur le « peu fiable », dont il avait gratifié le candidat, lui rendant grâce d'une certaine expérience « contrairement à ce que l'on a pu dire ». 

 

Mais Frédéric Mitterrand, depuis ces dernières années, aura été l'interlocuteur privilégié du monde de l'édition, ayant mené à bien une loi sur le prix unique du livre numérique, baptisée Prisunic, ainsi que la législation sur la numérisation des oeuvres indisponibles du XXe siècle, tout aussi contestée, tout aussi contestable.

 

Et de même, le ministre déplore n'avoir « jamais réussi à intéresser les médias sur ces lois, comme la loi sur le prix unique du livre numérique ». Et de constater, croit-il, « un certain dogmatisme », voire une approche « idéologique ». « Je ne suis pas complètement sûr que la gauche aime l'entreprise, par exemple. »

  

Pour autant, « le bilan de la Culture, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy est très important ». D'ailleurs, tout est expliqué dans son livre, mais… horreur, que dit le ministre ? Il propose ouvertement de faire « une réduction », en pure violation de la loi Lang ? Certes, le livre « contient à peu près tout ce que j'ai essayé de faire pendant ces trois années », mais il est interdit d'opérer la moindre remise pour un livre ! Le dérapage de trop ?

 

La suite dans quelques instants…

 


Frédéric Mitterrand par franceinter