Mitterrand s'accrocherait volontiers au ministère de la Culture

Clément Solym - 24.02.2012

Edition - Société - Frédéric Mitterrand - ministère de la Culture - poste


La fin est proche, pour Frédéric Mitterrand. Et surtout, la concurrence est rude. Alors que pour le poste de ministre de la Culture on entend prononcer de plus en plus régulièrement les noms de Christophe Girard, ou encore d'Olivier Poivre d'Arvor, mais plus probablement encore d'Aurélie Filippetti, l'actuel ministre en poste aimerait bien ne pas lâcher son siège. 

 

Et à l'occasion d'un passage sur la chaîne Public-Sénat, le 17 février dernier, le ministre s'est épanché auprès de Jean-Pierre Elkabach, en expliquant qu'il apprécie vraiment la rue de Valois. Alors que le présentateur de Bibliothèque Medicis s'interroge sur le départ prochain du ministre, qui partira dans moins de 80 jours maintenant, ce dernier lui rétorque : « Ah non, moi personnellement, non, moi je pourrais très bien continuer longtemps. (...) Faut pas rester trop longtemps non plus (...). Mais si vous imaginez le travail qui a été fait par de très bons ministres de la Culture, vous vous apercevez qu'ils sont restés longtemps : André Malraux, Jack Lang, ... (...) ».



 

Édition Multimédi@ qui s'est infligé la consultation de l'émission note également que le ministre assure que quel que soit le prochain président, les défis culturels à relever commenceront par : « Me garder ! C'est déjà... tout un programme (rire) », reconnaissant avec regret que « (...) Oui, [les socialistes me veulent du bien, ndlr] mais à la porte de la cuisine... ».

 

Depuis le 23 juin 2009 qu'il est officiellement entré en poste, Frédéric Mitterrand n'aura peut-être pas été la bouée symbolique que Nicolas Sarkozy souhaitait. Surtout que le ministre a passablement noyé le poisson et brouillé les pistes, en déclarant ces dernières semaines qu'il pourrait très bien revenir au cinéma dans les semaines à venir.

 

Mais surtout, il garde un sentiment de mission qui lui est chère. Et alors que OPA a pu faire fuser nombre de critiques à son endroit, le ministre note : « Je suis en combat permanent avec les grandes sociétés américaines Apple, Amazon, Google ; j'ai obtenu du grand emprunt des investissements d'avenir pour (...) qu'on puisse numériser un certain nombre d'éléments du patrimoine. (...) On est dans un phénomène de négociation très très âpre avec Google ; ils ont beaucoup reculé (...).[Mais]il y aura des moments où il faudra qu'on montre à Google un peu de considération (...) pour que les négociations puissent se poursuivent d'une manière convenable. »