Mitterrand : un 14 juillet au Japon, pour l'édition et le droit d'auteur

Clément Solym - 17.07.2011

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Il nous avait déjà fait pas mal rire, le ministre de la Culture, missionné par le Syndicat national de l'édition et la société Reed Expo, pour annoncer au Japon que le pays serait l'invité d'honneur de l'édition 2012. La formulation du communiqué diffusé par la rue de Valois valait assurément son pesant de cacahuètes et de manque de savoir écrire. Et le fond de cette visite avec les homologues japonais était de « renforcer la dynamique positive de ce secteur de notre coopération ». Grandiose. (repris dans le Blog de la rédaction

C'est que le Canard enchaîné avait déjà dévoilé dans son édition du 13 juillet que le ministre était attendu le 15 juillet dans la ville de Sendai, « pour célébrer la fête nationale française ». Erreur de nos confrères ou de l'agenda ministériel, la fête nationale se déroule pourtant le 14 d'ordinaire ?

Mais c'est dans la suite que l'on peut se bidonner. « En pleine zone sinistrée, il lira - en français - des textes qui célèbrent les relations franco-japonaises », précise le Volatile. Amélie Nothomb a sûrement dû "jubilé".

La bénédiction de Sarko et Fifi

Or, selon l'AFP, c'est bien le 15 que le ministre s'est exilé au pays du Soleil Levant, avec le consentement des plus hautes autorités de notre pays. D'ordinaire, un ministre, quel que soit son poste, prend part aux réjouissances du 14 juillet, en France. « Mais quand j'ai proposé au président Nicolas Sarkozy et au premier ministre François Fillon de faire une exception, tous les deux ont dit oui immédiatement pour montrer à quel point ils sont attachés à l'amitié franco-japonaise », a précisé le ministre.

Même son de cloche, à quelques bémols près, dans le communiqué du ministère, rediffusé par l'AFP. « Par ce déplacement, Frédéric Mitterrand tient à exprimer au nom du gouvernement la solidarité de la France pour un pays en convalescence après le séisme du 11 mars 2011. Il manifeste ainsi également sa confiance dans l’avenir du Japon et sa volonté d'être aux côtés des Japonais dans la reconstruction du Tohoku. »


Au nom de l'art et des livres

Et entre deux petits fours - on n'ose plus parler de réacteurs - le ministre de l'Éducation, de la Culture, des Sports, de la Science et de la Technologie, Yoshiaki Takaki,a tenu à remercier Frédéric Mitterrand pour sa présence et ses promesses. Comme promis, les deux ministres ont discuté de l'opportunité de faire évoluer les projets culturels, - livre et édition, cinéma, ainsi que dans les arts visuels - des deux pays. Et puis, le cinéma, ça tombe bien, si les rumeurs autour concernant le futur du ministre avec le festival de Cannes se confirment, ce sera toujours ça de pris.

« Toutes les manifestations culturelles françaises au Japon et japonaises en France seront non seulement maintenues et prolongées, mais seront encore renforcées de manière à ce que le Japon soit constamment présent en France dans les mois qui viennent », a même conclu le ministre. Et pour commencer, le ministre avait remis plusieurs décorations à des mangaka japonais. (notre actualitté

Ce que l’on n’avait peut-être pas assez retenu, c’est la dernière petite phrase. « Frédéric Mitterrand présentera également à ses interlocuteurs japonais les enjeux du sommet ministériel du G8/G20 sur les droits d'auteur à l'ère numérique afin que le Japon, qui pourrait contribuer activement au succès de cette réunion, puisse y être étroitement associé. » C’est que dans le domaine numérique, le Japon a en effet quelques leçons... à donner autant qu’à recevoir.