Mo Yan, bouc émissaire de luxe, ou bête à bon dieu

Clément Solym - 17.12.2012

Edition - International - Mo Yan - Salman Rushdie - bouc émissaire


Il n'a pas fini d'en prendre plein les dents, le prix Nobel de littérature de cette joyeuse année 2012. En temps de crise, on cherche des boucs émissaires, manifestement, et Salman Rushdie tient à conserver le sien. Dans une lettre ouverte adressée au Guardian, il revient sur son inaliénable droit à critiquer. Et n'autorise personne à l'en empêcher...

 

 

 

 

Inutile de remonter trop loin le cours du temps : depuis que le Nobel a été décerné au Chinois Mo Yan, le monde lui tombe dessus, dénonçant sa proximité lâche d'avec le pouvoir en place. Depuis qu'il a également ajouté que la censure pouvait avoir quelque chose de profitable dans la création, les foudres de Salman Rushdie se sont abattues sur sa personne

 

Or, dans un article de ce week-end, un journaliste occasionnel du Guardian, Pankaj Mishra, a estimé que la réaction de Rushdie relevait de l'attaque portée contre un bouc émissaire, et qu'à ce titre, Mo Yan était un coupable tout désigné. Mo Yan incarnerait le régime totalitaire chinois et recevrait les condamnations publiques que l'on n'ose pas nécessairement adresser directement auxdits Chinois. 

 

Et l'auteur de l'article s'interrogeait également de savoir comment l'administration Bush avait été tancée, et quels auteurs pouvaient bien avoir servi de défouloir ? Rushdie dégaine alors sa meilleure plume, et sa plus belle flèche, pour décocher un texte hargneux, interdisant qu'on lui interdise quoi que ce soit. 

 

Attendu que Mo Yan avait établi un parallèle entre la littérature dissidente et le terrorisme, l'écrivain se devait d'intervenir, une sorte d'impératif moral. « C'était, et ça reste, inacceptable, et je n'hésite pas à le condamner », assène Rushdie. 

 

Allez, retour dans le monde réel...