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Mo Yan fait l'éloge du Parti communiste chinois

Julien Helmlinger - 07.01.2015

Edition - International - Mo Yan - Chine - Politique


Le Nobel chinois de littérature Mo Yan, après avoir loué le président au pouvoir Xi Jinping pour sa politique de lutte contre la corruption en Chine, fait toujours des vagues pour ses éloges. L'écrivain qui assure écrire pour le peuple, et non pas pour le Parti unique dont il est membre, fait grincer les dents des dissidents. Il soutient notamment que « le Parti communiste chinois, plus que tout autre parti au monde, veut une Chine riche et puissante ».

 

 

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CC by 2.0 par Bengt Nyman 

 

 

Certains de ses détracteurs le qualifient déjà de « poète d'État », et Mo Yan ne risque visiblement pas de se débarrasser de cette casserole en donnant des interviews. On lui reproche notamment d'être le faire-valoir d'un régime qui maintient en prison le prix Nobel de la paix 2010, Liu Xiaobo, et son manque de soutien en général, en faveur des militants chinois de la liberté d'expression.

 

Sa dernière interview, donnée la semaine dernière à l'agence nationale de lutte contre la corruption, n'est pas passée inaperçue. Outre son parrainage de l'actuelle campagne menée par le gouvernement contre la corruption chinoise, assure que le président Xi Jinping « davantage que tout autre dirigeant dans le monde, souhaite la prospérité du peuple chinois ».


Évoquant le thème de la corruption, l'écrivain semble oublier le fait que la forme même du régime actuel, sans contre-pouvoir ni juges indépendants, favorise justement cette corruption décriée. Depuis la remise de son Nobel en 2012, Mo Yan, qui échappe à la censure, peine à se faire considérer comme une véritable voix libre en son pays où les affaires culturelles restent sous contrôle de l'État.