Mo Yan parraine la lutte contre la corruption en Chine

Julien Helmlinger - 02.01.2015

Edition - International - Mo Yan - Chine - Corruption


Le lauréat chinois du prix Nobel de littérature, Mo Yan, se fait le chantre de la lutte contre la corruption en Chine. Alors que depuis son accession au pouvoir le président Xi Jinping s'est engagé à assainir le Parti communiste chinois (PCC), l'écrivain parraine la première application pour smartphone de la Commission centrale de contrôle de discipline du Parti, organe chargé de mener la croisade. Il projette d'écrire un livre sur le thème.

 

 

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CC by 2.0 par Bengt Nyman 

 

 

Ce jeudi, à l'occasion d'une interview réalisée pour le site Internet de la Commission centrale de contrôle de la discipline du Parti communiste chinois, le Nobel âgé de 59 ans a annoncé avoir en projet d'écrire un roman, ou une pièce de théâtre, sur le peuple et les vices de la corruption. Car « le pouvoir, l'argent et les autres tentations sont des épreuves qui concernent tout le monde », et constituent à ses yeux « la pierre d'achoppement de tous les esprits ».

 

Ainsi, Mo Yan parraine une application mobile destinée à relayer les contenus publiés sur le site de la Commission de discipline. Il n'a pas encore commencé à écrire son livre, mais promet d'ores et déjà que ce dernier provoquera « un effet pénétrant et profond ». Effet qu'il devrait obtenir en plaçant les individus sous le microscope de la morale et de la loi, et sans esquiver les problèmes touchant le pays.

 

Si l'auteur a parfois critiqué la corruption et la bureaucratie en ses écrits, sans véritablement devenir une cible privilégiée des censeurs, Mo Yan se voit parfois reprocher par ses compatriotes dissidents un certain manque de solidarité envers les victimes de la censure politique.

 

Selon lui, « la vigueur de la lutte anticorruption en Chine a dépassé ce que je pouvais imaginer. [...] Actuellement, dans les lieux publics, restaurants ou bars de luxe, il est difficile de voir des fonctionnaires dépenser l'argent public ou des voitures officielles sur les parkings. De plus, avant, en invitant une, deux ou trois personnes, les fonctionnaires commandaient de nombreux plats, mais maintenant ils font attention et sont plutôt économes. Les gens sont satisfaits de cette situation ».

 

Depuis son arrivée au pouvoir, fin 2012, Xi Jinping s'est engagé à assainir le Parti communiste, promettant de lutter contre la corruption à tous les étages de la hiérarchie interne. Une croisade qui lui aura permis de consolider sa position de politique numéro 1 dans le pays.