Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Mobilisation : L'homme qui a envoyé Amazon se faire f0utr3 récidive

Nicolas Gary - 13.06.2014

Edition - International - Amazon Hachette - conflit commercial - mobilisation librairies


Il compte parmi les forces médiatiques à s'être dressées le plus vivement qui soit contre Amazon. Stephen Colbert, présentateur du show télévisé qui porte son nom, n'a pas dit son dernier mot. Comme il est publié chez Hachette, il fait partie des auteurs qui sont impactés - dommages collatéraux - par le conflit opposant l'éditeur au revendeur. Et la semaine passée, il a montré toute sa détermination à prendre position.

 

 

 

 

Les librairies indépendantes ont trouvé en lui un soutien puissant. « Attention, Bezos, cela signifie la guerre », promettait-il. Mais il avait surtout fait sensation en reprenant le modèle de prescription d'Amazon, Ceux qui ont acheté ceci ont aussi aimé ceci. Et le présentateur a tout simplement envoyé un magistral majeur à destination de la société : « Eh, Amazon, ceux qui ont apprécié ceci [dit-il en pointant son majeur droit], ont également apprécié ceci [ajoute-t-il en présentant son majeur gauche]. »

 

Une parodie de la méthode de prescription algorithmique pratiquée par Amazon, qui lui a valu une presse enthousiaste et cette semaine, Stephen a récidivé. En puissance. 

 

En effet, si des auteurs installés avec une puissance médiatique incontestable comme lui, ou par extension, JK Rowling, sont frappés et touchés, qu'en est-il d'Edan Lepucki, qui publie le livre California ? Elle a déjà commercialisé seule ses ouvrages, via Kindle Direct Publishing, mais California a été acheté par Little, Brown, filiale de Hachatte Book Group. 

 

Emu aux tripes, le brave Stephen Colbert, a décidé de faire un beau geste, parce que la fin des précommandes pour ce livre, pourrait signifier « l'arrêt de mort pour un nouveau livre ». Aussi, l'homme a-t-il lancé, un appel, et depuis son site, a demandé que des précommandes soient passées sur le site Powells Nation. Et ainsi, 6400 exemplaires ont d'ores et déjà été vendus, faisant du livre la première vente du site...

 

Et maintenant, l'objectif, en passant par toutes les plateformes actuellement disponibles, de précommander l'ouvrage, pour qu'il soit sur le TOP best-sellers du New York Times. Tout cela, simplement pour montrer à Amazon que la mobilisation paye. Et que ses méthodes ne mèneront nulle part.

 

Avec une petite pique, qui n'a pas manqué sa cible, qualifiant Jeff Bezos de « Lex Loser », référence directe à Superman, qui a pour super ennemi, Lex Luthor. Mais alors, si Amazon est le méchant, qui va endosser les collants bleus et la cape rouge, fournie avec le slip de la même couleur ?