Mobilisation pour plus de diversité dans la littérature jeunesse

Lauren Muyumba - 18.07.2013

Edition - International - Diversité - Littérature - Jeunesse


La littérature jeunesse ne colle pas toujours à la réalité de ses lecteurs. Et ne colle pas toujours à leur couleur de peau non plus. Un manque de diversité perdure et les jeunes originaires d'autres cultures se trouvent dévaforisés s'ils cherchent à se trouver un modèle qui leur ressemble. Un manque de diversité perdure au niveau local, et international. Mais les écrivains comptent bien faire bouger les choses.

Comme rapporté par Les Histoires Sans Fin, des auteurs et bibliothécaires américains s'accordent à souligner la difficulté pour les parents de trouver des livres avec des personnages auxquels leurs enfants pourraient s'identifier, s'ils sont issus de familles immigrées.

 

Toutes les minorités en général sont confrontées à cette lacune en terme de diversité : « Je ne peux citer l'exemple d'aucun livre pour enfants avec des Américains arabes. Il n'y a pas assez de livres qui véhiculent la vie quotidienne des enfants », a avoué Phyllis Grubbs, responsable du développement de la collection de la Nashville Public Library aux États-Unis.

 

Encourager la création et la diffusion 

 

Pour rétablir la balance, l'écrivaine et professeur Caroline Randall Williams a coécrit avec sa mère Alice Randall, un livre contant la vie d'une jeune fille afro-américaine : Diary of B.B. Bright, Possible Princess (Turner Publishing Company, 2012). En tant qu'enseignante, elle peinait à remplir les étagères de sa classe avec des livres aux héros ou héroïnes de divers horizons.

 

L'édition indienne tend apparemment à se démarquer en étant plutôt bien représentée sur la scène littéraire mondiale. « Il y a une représentation cohérente de l'Inde sur la liste des livres jeunesse de l'Oustanding International Book » d'après Ellis V.Vance, directeur général à l'United States Board on Books for Young People.

 

De plus en plus d'ouvrages d'écrivains indiens se frayent une place sur les étagères des bibliothèques et reçoivent des prix littéraires. Les livres de deux figures de l'édition indienne, Elephants Never Forget de Anushka Ravishankar et Do! de Gita Wolf, se sont vendus comme des petits pains à l'étranger. 

 

Privilégier l'édition locale

 

Sur le continent africain tout comme en Inde, la littérature jeunesse locale peine à percer. En Afrique, le Prix Golden Baobab récompense les auteurs et les illustrateurs africains, pour favoriser la découverte de nouveaux romans pour la jeunesse. L'association Golden Baobab s'attache aussi à développer des programmes, proposer des ateliers, et fournir les ressources nécessaires aux écrivains et illustrateurs. Dans un seul but : « Notre rêve, c'est de trouver de brillants livres jeunesse sur les étagères », peut-on lire sur le site.

 

Deborah Ahenkorah de Golden Baobab, organisme qui a permis la création de plus de 850 histoires pour enfants et adolescents depuis sa création, explique sa démarche : « Avant de travailler pour Golden Baobab, je travaillais pour une organisation dont le but était de favoriser l'alphabétisation sur le continent africain en recueillant des dons de livres et des collectes de fonds provenant des États-Unis, pour soutenir les écoles et les bibliothèques en Afrique. Ce travail était très bien, mais j'ai réalisé que je pouvais avoir plus d'impact si je faisais des livres qui reflètent l'identité culturelle des enfants. »

 

En ce moment, les écrivains participant au Golden Baobab sont en train de soumettre leurs histoires. Ils ont pour cela jusqu'au 14 juillet 2013. Viendra ensuite la lecture par les jurés.