Mode d'emploi du Pass Culture pour les libraires

Antoine Oury - 05.02.2019

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Annoncé dès la campagne du candidat Macron, et principale mesure culturelle du quinquennat, le Pass Culture doit encore convaincre les acteurs de la culture et les bénéficiaires de son utilité et de son ergonomie. Alors que les phases d'expérimentation se déroulent dans plusieurs départements français, quelques précisions ont été apportées sur la manière dont les librairies entreront en jeu.

Librairie L'Armoire à livres - Bordeaux
(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


Avec la publication du décret 2019-66, ce 1er février 2019, commençait la seconde phase d'expérimentation du Pass Culture. 10.000 jeunes volontaires ont été sélectionnés pour y participer, dans 5 départements français, avec plus de 900 acteurs culturels pour proposer des solutions. Ces jeunes bénéficieront de 500 €, disponibles dans l'application du Pass Culture, pour passer des commandes et effectuer des achats.

Les personnes bénéficiaires du compte personnel numérique lié au Pass Culture devront se conformer aux critères suivants, indique le décret du 1er février :
 

a) être âgées de dix-huit ans au moment de leur demande d'ouverture d'un compte personnel numérique, ou au moment de l'activation de leur compte, selon les conditions précisées par arrêté du ministre chargé de la culture ;
b) être de nationalité française, ressortissant de l'un des États membres de l'Union européenne ou de l'un des États parties à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse, ou résider légalement et habituellement sur le territoire français depuis plus de un an ;
c) souscrire aux conditions générales d'utilisation de l'application ;
d) résider habituellement dans les communes, départements, régions et collectivités uniques, dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé de la culture



Des 5 millions € nécessaires à cette expérimentation, le budget passera à 500 millions € au moment du déploiement national : aux investissements propres de l’État, estimés entre 80 et 100 millions €, s'ajouteront 400 millions € d’accords commerciaux, dont le détail n'est pas encore connu.
 

Des achats et des retraits de livres en librairie


En septembre 2018, le ministère de la Culture avait fait savoir que les livres achetés par l'intermédiaire du Pass Culture seraient obligatoirement retirés en librairie : autrement dit, pour qu'un livre soit disponible sur l'application, encore faut-il qu'il le soit également en librairie. Cette manœuvre était destinée à éviter la dépense sur Amazon, ce qui suppose toutefois que d'autres libraires en ligne seront aussi écartés.

Livres numériques et livres audio seront bel et bien inclus dans l'offre du Pass Culture : pour les seconds, difficile encore de savoir si les livres audio numériques sont concernés.

Le processus d'achat et de retrait de livres imprimés a toutefois été détaillé par le ministère de la Culture dans un document s'adressant aux acteurs culturels. Après sélection d'un livre sur le Pass Culture, un mail de confirmation sera envoyé à la librairie de proximité correspondant à l'utilisateur, géolocalisé par l'application — charge au libraire de s'inscrire pour participer, à l'aide de son SIREN. « Le livre est mis de côté par la librairie », précise le document, sans indiquer si des commandes de titres seront possibles.

L'utilisateur de l'application recevra une contremarque numérique, et pourra venir récupérer son livre dans les 7 jours suivants. Dans ce délai, il présente sa contremarque au libraire, qui vérifie son identité, lui remet le livre et sort ce dernier de son stock. « Un utilisateur a la possibilité d’annuler sa réservation dans un délai d’une semaine. S’il ne se présente pas, la transaction est annulée et la librairie peut éventuellement remettre le livre en vente sur le Pass Culture », indique le document du ministère.

Le catalogue des ouvrages disponible dans la librairie sera importé sur l'application du Pass Culture grâce à des interconnexions, que les libraires devront mettre en œuvre au moment de leur inscription. Il faut par ailleurs noter que les librairies participantes recevront les noms, prénoms et adresses mail des utilisateurs, et pourront ensuite les exploiter.
 

Quid des 5 % de remise pour retrait en boutique ?


Un point de détail bien velu va tout de même pointer le bout de son nez. Avec l’adoption de la loi dite anti-Amazon – qui finalement aura surtout obligé la firme à faire plus de marge... – une modification était introduite. En effet, la législation empêche de pratiquer une remise de 5 % dans le cadre de la vente en ligne. Seul l’achat en librairie autorise cette réduction, inscrite originellement dans la loi Lang sur le prix unique du livre.

Le passage par une application pourrait être considéré comme une vente à distance. Mais l’obligation d’un retrait en boutique, qui conditionne les 5 % de remise susceptibles d’être appliqués n’est pas évoqué dans le document. Fnac, qui joue tout particulièrement sur ce point avec sa carte fidélité aura-t-il le droit d’appliquer ladite ristourne dans le cas du Pass Culture ? Mystère.
 
Du côté de la rémunération, « toutes les offres proposées sur le pass Culture seront remboursées », annonce le ministère, qui promet un virement toutes les deux semaines. Le remboursement des offres en ligne ne sera toutefois pas assuré, « sauf le livre numérique », précise encore la rue de Valois.


Commentaires
Donc il faut que le jeune soit tiré au sort, avoir un smartphone récent, activer son compte (pour cela, il faut transmettre les justificatifs d’identité et de domicile), aller sur le site Pass Culture, essayez de trouver un bouquin dans la liste (et je pense elle va être longue) que la librairie a numérisé et importé. Bref tout ça pour un budget de 29 millions d’euros d'après ce que j'ai pu voir. Ou comment encore plus compliquer les choses. Une simple carte (ou porte monnaie virtuel) à présenter dans sa librairie ou à utiliser un code sur les sites participant n'aurait-il pas été plus simple et surtout moins couteux ?
Encore une usine à gaz qui ne fait que compliquer la vie des libraires, alors que nous sommes déjà en sous effectifs, et débordés de travail. Tout cela pour quelques livres de plus sur lesquels on ne gagne déjà pas grand chose!
Pour le moment encore très peu de bien/service sur l'application. Chaque professionnel doit faire les démarches pour proposer son bien/service sur la plateforme. 500€ c'est bien mais faut il encore pouvoir les dépenser...
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