Moins d'usagers dans les bibliothèques, les bienfaits du prêt numérique

Antoine Oury - 01.09.2014

Edition - Bibliothèques - bibliothèques - troisième lieu - prêt numérique


Le corollaire qui tue : le comté de Wellington, en Nouvelle-Zélande, a publié le rapport annuel pour la période 2013-2014, qui concerne les 12 établissements de son réseau. Ces derniers bénéficient d'une offre de prêt numérique depuis quelques mois, et leur fréquentation « entre les murs » a diminué de 11,5 %. Quand bien même un lien de causalité existerait, s'en inquiéter n'est pas forcément nécessaire.

 

Pôle Sciences et Vie pratique - Le Salon de lecture numérique

Pôle Sciences et Vie pratique - Le Salon de lecture numérique

(Bibliothèque des Champs Libres, CC BY-SA 2.0)

 

 

La baisse de la fréquentation a d'abord eu un effet logique, la diminution des emprunts réalisés sur place, avec en moyenne 334 documents de moins chaque jour, pour l'ensemble du réseau. Parallèlement, les téléchargements de livres numériques ont connu une poussée sans précédent, avec des prêts et téléchargements en hausse de 65 %, pour atteindre 110.000 unités empruntées.

 

Le différentiel fait apparaître une baisse des emprunts de 4 % depuis la période 2010-2011, quand les visites sur place ont chuté de 2,6 millions de visiteurs à 2,3 millions entre 2010 et 2013. 

 

Jane Hill, responsable des réseaux de la communauté, ne s'alarme toutefois pas de ces chiffres en baisse : « Les chercheurs estiment que le livre papier ne disparaîtra pas, mais les bibliothèques ajustent leur offre, comme la télévision et le cinéma en leur temps, dans un monde où les usagers ont plus de choix dans leur accès au divertissement. »

 

À ce titre, le concept même de « troisième lieu » généralement accolé à la bibliothèque aurait fait son temps : les établissements ne seraient plus seulement des lieux où s'arrêter pour consulter, mais aussi des plateformes chargées de dispenser la culture à distance. Et si ces nouveaux usages diminuent la fréquentation des établissements de manière raisonnable, les personnels ne s'en plaindront pas forcément, dans le cas des grandes bibliothèques qui sont les premières à mettre en place une offre numérique.

 

La seule inquiétude que peut générer la mise en place d'une offre numérique se trouve plutôt au niveau des budgets des établissements : ceux de Wellington ont augmenté, de 20,1 millions $ en 2013 à 21,5 millions $ pour l'année suivante.