Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Mois de l'Imaginaire : “La littérature, c’est le plaisir de la lecture et de l’évasion”

Nicolas Gary - 23.10.2017

Edition - Les maisons - mois imaginaire france - littératures imaginaire france - fantasy science fiction fantastique


Après une quinzaine de jours, le Mois des littératures de l’Imaginaire porte quelques-uns de ses fruits : les grandes ambitions se sont heurtées à des réalités inattendues, mais, d’ores et déjà, les éditeurs engagés semblent satisfaits. Manuel Soufflard, chef de groupe chargé de la non-fiction, du policier et thriller, et de l’imaginaire chez J’ai lu, a participé à coordonner les opérations. Et 44 acteurs à réunir, c’est un peu la Communauté de l’Anneau... Aventures garanties.

 

IMG_1382
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

C’est tout un collectif qui s’est réuni : « J’étais avec Jérôme Vincent des éditions ActuSF. Et de nombreuses personnes se sont mobilisées dans le cadre de pôles thématiques », explique Manuel Soufflard. Ainsi, 2017 est devenue l’année 0 pour le Mois de l’Imaginaire. 

 

« Nous avons tous expérimenté, mais la première victoire reste que toutes les possibilités de conflits ont été évitées », sourit Manuel Soufflard. Mais avant même que l’événement ne s’achève, les pistes de réflexion pour 2018 sont nombreuses.

 

Au premier point, le travail avec les libraires sera au cœur du Mois de l’an prochain : « Cette année, nous avons travaillé avec eux en communiquant de l’information : pour l’avenir, nous devons parvenir à les impliquer davantage. » Autrement dit, donner une plus grande place à ceux qui sont investis, ou manifestent leur volonté – et pourquoi pas, arriver à dépasser les frontières en touchant toute la francophonie. 

 

L’autre enjeu sera de venir à bout des appréhensions – voire des idées reçues – que les littératures de l’Imaginaire véhiculent. « À cette heure, ce sont les enseignes qui se sont le plus facilement emparées de cette opération, parce qu’il leur est plus simple de structurer la communication avec les équipes et qu’elles en ont l’habitude. »

 

Cela passera par des soutiens financiers : pour 2017, chacun a abondé à une cagnotte, suivant ses moyens. « Marion Mazauric [Au Diable Vauvert] et Stéphane Marsan [Bragelonne] sont missionnés, dans le cadre d’un pôle de réflexion, pour prendre en charge des relations institutionnelles, et donc peut-être de financement. Il est évident que nous avons besoin de ressources pour occuper plus d’espace. » Cette année, badges, affiches et vidéo étaient au cœur des outils de communication, mais le mois d’octobre n’est pas encore achevé.
 

  
 

Dans les prochains jours devraient paraître des tribunes d’auteurs, diffusées à travers des médias grand public. « Il est fondamental que les auteurs s’emparent aussi de l’événement. Au départ, nous voulions également solliciter des acteurs de l’Imaginaire, en dehors du livre : le cinéma peut apporter une autre vision de ces univers, par exemple. De même que des artistes et illustrateurs. »
 

Concentrer les efforts de chacun sur une période

 

Tiens, justement : quid de la BD pour cette édition 2018 ? « Volontairement, nous avons préféré nous concentrer sur le texte et pas l’illustré, pour avoir une première vision claire de ce que nous pouvions faire. » L’an prochain, les choses évolueront, « si l’effet de masse, et les ventes pour les éditeurs s’avèrent convaincants. C’est une première impulsion, nous sommes déjà en contact avec pas mal d’éditeurs concernés ».

 

Et par masse, inutile d’envisager une arme de guerre que pourrait manipuler Conan le Cimmérien : « Le Mois de l’Imaginaire regroupe avant tout un ensemble d’opérations en librairie, de partages d’informations et de campagnes promotionnelles sur une période définie », indique Manuel Soufflard. « En concentrant les efforts de chacun sur ce moment de l’année, nous avons tous en tête d’obtenir l’attention que la presse peut avoir pour la rentrée littéraire. Et tant mieux si, dans les médias, ce mois déborde sur novembre... »
 


Faire parler, dire à quel point ces littératures sont avant tout de la littérature, et pas des livres pour ados ou grands enfants. « Quand les textes sont bons, qu’importe qu’ils contiennent un dragon, un vaisseau spatial ou des vampires : la littérature, c’est le plaisir de la lecture et de l’évasion. C’est ce que nous défendons. » Avec quelques ratés, inévitables malgré tout : l'absence de la maison Bourgois, qui publie Tolkien, dans la liste des éditeurs participants...

 

Le grand avantage, pour cette année de test, aura tout de même été de bénéficier d’une thématique largement déployée dans le cadre du salon Lire en Poche à Gradignan. « Nous l’avions suggérée, mais les organisateurs restaient décisionnaires. Et au terme de ce salon, chacun a pu se rendre compte que non seulement c’est possible, mais surtout que cela fonctionne. »

 

Et probablement plus que s’il s’était agi de réunir des maisons indépendantes et des groupes, autour du polar...
 

Octobre, mois de l'Imaginaire, la littérature de demain