Mondadori cède Marsilio, Amazon et HarperCollins intéressés par Bompiani

Nicolas Gary - 29.07.2016

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Le rachat du groupe RCS Libri par l’ogre Mondadori a été validé par l’Autorité de la concurrence italienne. Toutefois, parmi les conditions posées, Mondadori devait céder deux des maisons : Marsilio et Bompiani. La première sera cédée à Cesare De Michelis, qui détient toujours 45 % des actions. Pour la seconde, les aspirants sont nombreux, et plutôt variés. 

 

Mondadori - Frankfurt Buchmesse

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

L’éditeur vénitien Cesare de Michelis estime avoir « fait ce qui nous semblait indispensable », en reprenant les 50 % détenus par Mondadori dans la maison Marisilio, après le rachat. Restent 5 % que possède un fonds d’investissement. C’est un retour aux origines, qui vient tout de même de rapporter 8,9 millions € à Modadori.

 

La transaction a été actée cette semaine, et Cesare De Michelis confirme : « Nous n’avions pas l’intention de renoncer à la maison d’édition. Certes, ce n’a pas été des plus amusant, étant donné le montant que nous avons eu à régler. » Avec à son catalogue des titres aussi porteurs que Millenium, et plusieurs ouvrages d’art et des guides culturels, la structure a certainement de beaux jours devant elle. 

 

Cesare De Michelis est entré au capital de la société Marsilio, fondée en 1961, avec son frère Gianni, dans le milieu des années 60. Il en avait pris la tête par la suite, avant que RCS Libri ne devienne actionnaire majoritaire en 2000. 

 

Amazon, HarperCollins, et 7 autres propositions pour Bompiani

 

Le sort de Bompiani ne devrait pas être réglé avant le mois de septembre. C’est que dans la course, on retrouve La Nave di Teseo, fondée par Elisabetta Sgarbi, ancienne PDG justement de Bompiani, mais également HarperCollins. Rappelons qu’en octobre 2015, la structure avait déjà racheté les actifs de Mondadori dans la maison Harlequin Mondadori pour reprendre pied sur le territoire. 

 

Le dernier candidat en lice ne serait autre qu’Amazon. « Je préfère encourager les entreprises italiennes », a assuré Ernesto Mauri, actuel PDG du groupe Mondadori, comme pour Marsilio parce qu’il « semblait logique, dans ce cas, de poursuivre avec ceux qui avaient fondé et dirigé » la maison. 

 

Elisabetta Sgarbi, qui semblerait d’ailleurs la plus à propos pour reprendre la maison, n’avait jamais caché ses intentions. « Si l’Antitrust devait pencher pour cette solution, et si Mondadori acceptait l’offre, bien sûr, je serais heureuse et en effet j’aboutirais à but éditorial de ma vie : fusionner La Nave di Teseo et Bompiani, et donc, restaurer l’unité du catalogue d’Eco et des autres auteurs du navire. »

 

Six autres propositions ont émané de différents acteurs, qui pour le coup n’ont pas été rendues publiques. Toutefois, plusieurs indiscrétions ont fuité : on sait que le groupe Feltrinelli, Giunti Editore, De Agostini et Saggiatore font partie des sociétés intéressées, ainsi que Mauri Spagnol, plus connu sous le nom de Gems. L’histoire reviendrait de loin, puisque la maison Bompiani a été fondée par Valentino Bompiani, était le frère de la grand-mère de Stefano Mauri, du groupe Gems. 

 

Ernesto Mauri a reçu les offres des différentes sociétés au cours de la première semaine de juillet, et d’ici à fin septembre, espère pouvoir communiquer le nom de l’acheteur définitif. « Il est significatif qu’Amazon soit intéressé par une maison d’édition qui dispose de 2 % du marché italien », note-t-il. Bompiani reste l’éditeur historique d’Umberto Eco, décédé le 20 février dernier, et compte également un certain Michel Houellebecq dans ses rangs.

 

Cette offre d’Amazon est tout de même une grande première : le groupe américain n’avait encore jamais présenté d’offre de rachat pour une maison d’édition. La firme de Jeff Bezos a ouvert ses propres filiales éditoriales, avec une production propre – y compris en France – investir dans un éditeur représenterait une nouvelle approche...

 

Dans tous les cas, ces deux ventes ne plaisaient pas vraiment à Marina Berlusconi, patron de la holding : « Bien sûr, nous devons également supporter de lourds sacrifices. Des sacrifices imposés par une application définitivement discutable et tout autre que tournée vers l’avenir, à partir de réglementations nationales et européennes schématiques et dépassées. Elles ne prennent pas en compte les spécificités et la petite taille de notre marché », précisait-elle en mars dernier. 

 

via Corriere, Il sole 24