Mondial 2014 : Algérie, Albert Camus, même combat

Julien Helmlinger - 30.06.2014

Edition - International - Albert Camus - Aurélie Filippetti - Christan Estrosi


Le coup d'envoi est sifflé pour la France. N'en déplaise à Jorge Luis Borges, ce soir encore des livres vont prendre la poussière sur les étagères pendant que les derniers 8e de finale se jouent au Brésil. Une fois que le sort des Bleus sera déterminé par la loi du ballon, il ne faudra pas s'imaginer la soirée footballistique terminée pour autant. La ministre de la Culture nous rappelle qu'on « est tous un peu concernés » par le match opposant l'Algérie et l'Allemagne. Filippetti confie vers quelle équipe va sa préférence, tout comme le maire de Nice, Christan Estrosi.  

 

 

CCby 2.0, par Magharebia

 

 

Va-t-on finir par faire rimer footballistique, politique et littérature ? Pour les deux premiers, c'est facile. Le foot est un sport qui semble notamment inspirer notre ministre de la Culture. Interrogée par BFM-TV et RMC, elle a rappelé les liens historiques entre l'Algérie à la France, estimant que l'on  « a tous un petit peu d'Algérie en nous. [...] On a tous un peu d'Algérie au coeur ce soir. [...] On est tous un peu concernés, évidemment, et on vibre tous un peu, quand on a un match d'un pays qui est aussi fortement lié à l'histoire de notre pays ».

 

Au FN comme à l'UMP, la politique s'intéresse aussi au ballond rond. Plutôt aux débordements qu'aux moments de liesse. Le maire de Nice, Christan Estrosi, préfère visiblement l'approche germanique de la discipline. Il a décidé de prendre un arrêté « interdisant l'utilisation ostentatoire de tous les drapeaux étrangers sur l'hypercentre » de la ville. Une décision qui vaut jusqu'à la fin de la Coupe du monde, et viserait à endiguer les débordements constatés « dans la nuit du 26 au 27 juin dans l'agglomération parisienne, dans la région lyonnaise, à Marseille et dans le Nord ».

 

On aura visiblement préféré interdire à une majorité internationale d'amoureux de football de hisser les couleurs de leurs équipes favorites, pour défendre des « symboles de la République française » menacés par quelques excités. Les forces de l'ordre mobillisées ont été briefées pour l'occasion, avec les moyens juridiques nécessaires. Quand le foot donne aussi idées à Marine LePen, qui songe légiférer pour mettre un terme à la double nationalité, notamment franco-algérienne. 

 

Aurélie Filippetti, s'est quant à elle dite plutôt touchée par le « beau mouvement populaire » qu'a engendré la victoire des Fennecs algériens. Sans verser dans la polémique, elle a ajouté : « Je viens d'une région (La Lorraine) où, quand il y avait un match de l'Italie, par exemple, tout le monde vibrait pour l'Italie, et ça n'empêche pas d'aimer passionnément la France et l'équipe de France. »

 

Jamais loin de sa Culture, la ministre a rappelé que récemment l'on « a fêté le centenaire d'Albert Camus, qui était un immense écrivain français, né en Algérie, qui avait une passion pour l'Algérie, et pour le football ». Mince, encore un footeux révolté, et dont le centenaire ne se sera pas laissé fêter sans polémiques en Provence. Si bien que l'écrivain avait été privé de son grand hommage national.