Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Monopoles et mégalos dans le dernier Patterson : rien à voir avec Amazon ni Bezos

Victor De Sepausy - 14.08.2017

Edition - International - Jeff Bezos monopole - Amazon commerce employés - boutiques livres vente


Derrière la fortune colossale de James Patterson, il y a un cœur qui bat. Et le romancier qui compte plus de 150 livres publiés en propose un de plus ce 14 août. The Store raconte l’histoire d’une boutique où Jacob et Megan Brandeis travaillent. Avec un certain confort... mais « le magasin vous regarde »...




 

De quoi parlons-nous ? D’une boutique qui surveille ses employés ? Pas vraiment nouveau comme approche. Mais dans la presse, le rapprochement a eu tôt fait d’être opéré entre une boutique oppressante et un vendeur en ligne bien connu. 

 

Mieux : de même que Rupert Murdoch, le magnat des médias américains, avait été croqué dans le James Bond, Tomorrow never dies, certains voyaient déjà dans le livre de Patterson une satire de Jeff Bezos. C’est que le grand patron d’Amazon vient de devenir l’homme le plus riche au monde, dépassant Bill Gates, avec une fortune de plus de 90 milliards $.

 

Certes, la situation n’a pas duré lorsqu’une baisse de la valeur de l’action d’Amazon a conduit à ce que Bezos soit rétrogradé à la troisième place. Mais tout de même, ce roman, The Store, n’en finit pas d’intriguer les médias, aussi Patterson est venu s’expliquer.

 

« Amazon y ressemble certainement », avoue-t-il, mais à aucun moment Patterson ne reconnaît avoir brossé le tableau de la société ni de son patron dans son dernier roman. « Je suis moins là pour m’en prendre à Amazon que pour dénoncer tout ce qui relève des monopoles et des mégalomanes », assure-t-il. 

 

La comparaison entre son Store et Amazon ne le met d’ailleurs pas très à l’aise – James a pourtant exprimé à plusieurs reprises son avis par rapport à la firme. Et les millions de dollars qu’il dépense pour soutenir financièrement les librairies et bibliothèques d’Angleterre ou des États-Unis sont une autre manière de s’engager. 
 

James Patterson et Amazon : “L'avenir de notre littérature est en danger”


« Ils ont mis la main sur les livres, ce que je n’aime pas trop. Puis, ils ont conquis les supermarchés. Et la prochaine étape, ce sont les informations. Ils ont déjà le Washington Post. La prochaine étape, ce sera l’émission Squawk Box », amplifie Patterson, non sans humour noir. C’était justement dans cette émission de CNBC qu’il s’exprimait sur son livre.

 

Et bien entendu, Patterson se fait reprendre : Amazon ne possède pas le Washington Post, c’est Jeff Bezos, à titre personnel. Sauf que « Jeff Bezos, c’est Amazon », insiste l’auteur : on ne devrait pas séparer ces deux entités ni les considérer comme distinctes. 

 

James Patterson: This is the era of megalomaniacs from CNBC.

 

 


(à paraître, James Patterson, David Ellis – La villa rouge – Editions L’Archipel – 9782809822748 – 22 €)