Montebourg renvoie le dossier salles de ventes Editis à Filippetti

Clément Solym - 14.07.2012

Edition - Economie - Salles de vente - Editis - Montebourg


Information ActuaLitté : Mi-juin, nous faisions état de la décision prise, actée et entérinée du groupe Editis de clore plusieurs de ses salles de vente. Bordeaux et Nantes allaient donc passer sur l'autel de la rentabilité, et seraient donc fermées. Sans que l'on ne dispose toutefois de date précise sur cette décision du groupe. 



 

« C'est se séparer d'un outil indispensable pour défendre les parts de marché d'Editis dans un environnement aussi concurrentiel qu'actuellement. Une fois de plus, les appétits à court terme des actionnaires prennent le pas sur l'intérêt général, celui des libraires, celui des lecteurs celui des territoires appelés à devenir des déserts culturels, celui du groupe Editis lui-même », déplorait alors la CGT. (voir notre actualitté)

 

Or, la CGT avait décidé d'alerter le ministère du Rederessement productif, « sur la situation d'Editis », par un courrier envoyé le 5 juin. C'est ce 3 juillet que depuis Paris, le ministre, Arnaud Montebourg, a accepté de répondre, dans un courrier dont nous avons pu prendre connaissance. 

 

Le chef de cabinet du ministre, Christophe Lantoine, assure que son patron a « pris attentivement connaissance » des messages émis par la CGT pour alerter sur la situation du groupe. 

 

« Toutefois, l'examen de ce dossier entrant plus particulièrement dans les attributions de la Ministre de la Culture et de la Communication, votre courrier a été transmis au cabinet de Mme Aurélie Filippetti en lui priant de l'étudier et de vous tenir directement informé de la suite qui pourra lui être réservé. »

 

En somme, les sociétés que sont les éditeurs, ne sont pas des sociétés qui dépendent de la juridiction de Montebourg. Preuve supplémentaire, s'il en fallait, qu'Amazon n'est donc pas un libraire, puisqu'à l'occasion de l'ouverture de la nouvelle plateforme à Chalon, le ministre était pourtant bel et bien présent, et aurait d'autant moins raté la sauterie que Chalon et la Bourgogne, c'est un peu son fief.

(voir notre actualitté)

 

Le 18 juin, décision était prise de fermer les salles de vente, par les salariés, en signe de protestation. Une libraire nous avait alors adressé la copie du courrier qu'elle avait fait parvenir à Philippe Budin, directeur relation clientèle d'Interforum Editis. 

Monsieur Budin,
Je vous remercie de m'avoir informée de la fermeture lundi dernier de la salle des ventes d'Interforum Editis , c'est en effet un endroit où je vais chaque semaine. Vous ne mentionnez cependant pas la raison : un mouvement de grève pour protester contre la fermeture annoncée et définitive du site. C'est beaucoup plus inquiétant qu'une fermeture exceptionnelle d'un jour !!
Je tiens d'ailleurs à vous faire part de mon désappointement, pour ne pas dire ma colère et mon indignation, devant cette décision. La salle des ventes est un lieu indispensable pour ma librairie : il me permet chaque semaine de répondre rapidement et sans frais de port aux commandes nombreuses de mes clients : particuliers, écoles, bibliothèques , associations…
Sylvie et Didier me sont de précieux alliés : leur gentillesse, leurs conseils, leurs services… Nous partageons nos coups de cœur ou nos déceptions de lecture. Je dois dire qu'ils sont mes seuls interlocuteurs chez Interforum, je n'ai en effet jamais vu un commercial ( je traîne d'ailleurs depuis deux ans une marge ridicule !). J'ai contacté des collègues qui sont sur la même longueur d'onde que moi. Les petites librairies tirent pourtant bien leurs épingles du jeu dans le contexte actuel. Elles apportent un service de proximité et de conseil, un sourire, un lien, une humanité. Elles mériteraient à ce titre un peu plus de considération et j'espère sincèrement que vous allez revenir sur votre décision de fermeture.
Je compte sur vous pour transmettre… Mes respectueuses salutations