Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Montpellier sans Sauramps “n’est même pas envisageable” (Françoise Nyssen)

Nicolas Gary - 02.06.2017

Edition - Librairies - Françoise Nysse Sauramps - librairies Sauramps Montpellier - redressement judiciaire Sauramps


Il était inenvisageable que Françoise Nyssen, ministre de la Culture en déplacement à Montpellier, n’ait pas un mot sur la situation des librairies Sauramps, actuellement en redressement judiciaire. Et en effet, cela n’a pas manqué, mais il a fallu provoquer le sujet. D'ailleurs, aucune rencontre officielle n’a été programmée, mais la ministre a tout de même fait un geste. 


Librairie Sauramps Montpellier
ActuaLitté, CC BY SA 2.0


 

En marge de son déplacement officiel, elle a répondu à un journaliste de France Bleu. Le dossier Sauramps « me touche énormément et je pense qu’il touche à la notion même de vie culturelle. Une ville de cette importance sans cette librairie de cette importance, ce n’est même pas envisageable », explique-t-elle.

 

 

Précédemment, la ministre avait tout de même fait preuve de prudence, dans un entretien avec Midi Libre. Sollicitée, elle expliquait ce matin : « Ce n'est pas parce que je viens de ce monde que le livre aura une place plus importante pour moi que les autres formes d'expression culturelle. Le livre est bien sûr essentiel car il transmet le savoir, enrichit les individus. Il est d'ailleurs partout, au théâtre, au cinéma... »

 

En outre, elle entend mener à bien le projet du Pass culture, en tant qu’il représente « l’accessibilité de la culture pour tous, sur tous les territoires ». Rappelant qu’il s’agit de l’une des promesses de la campagne du candidat Macron. « Il amènera des jeunes à la culture. Cette carte existe déjà en Italie. Elle est donc réalisable. J’irai voir comment cela fonctionne là-bas pour m’inspirer des bonnes pratiques. » Et donc mesurer l'étendue de son échec.
 

Et pendant ce temps, au Triangle

 

Si la ministre ne s’est pas rendue en personne, sa directrice de cabinet adjointe, Laurence Tison-Vuillaume, s’est longuement entretenue avec les équipes, lors d’un rendez-vous à la préfecture. Un rendez-vous qui s’est prolongé par un déplacement à Triangle, où elle a pu rencontrer les différents salariés ainsi que ceux d’Odyssée, venus pour l’occasion.

 

« Ce que l’on retient, c’est un excellent contact et une véritable écoute », nous rapporte-t-on. « Elle nous a assuré qu’elle suivant le dossier de très près, et garanti que le ministère souhaite aider la librairie à rester ce qu’elle est et incarne, un lieu de vente de livres, indépendant. »

 

Loin des micros, on évoque la possibilité de travailler plus concrètement encore avec les partenaires potentiels, susceptibles de soutenir les repreneurs qui se présenteraient, ce 6 juin. « Que la librairie reste ouverte, avec son personnel, et pas pour en faire autre chose qu’un espace où l’on retrouve des livres », rapporte-t-on.

 

Pour le ministère, c’est la défense du métier de libraire indépendant et celle de la diversité de l’offre qui importe. « Elle entend les craintes que l’on peut avoir, et nous a assurés du désir que la ministre pouvait avoir de soutenir la librairie indépendante. »

 

Dans le même temps, une autre nouvelle est tombée : la confirmation que François Fontes déposerait un dossier de reprise. Ce notable montpelliérain aurait en effet interpellé la ministre durant son déplacement en matinée, pour lui faire part de son intention. 

 

« C’est un architecte, très connu à Montpellier, et que l’on a vu plusieurs fois dîner avec Jean-Marie Sevestre [l’actuel PDG de Sauramps, NdR]. Ce dernier lui avait d’ailleurs présenté Matthieu de Monchalin, quand le président du SLF s’était porté acquéreur des librairies. Il aurait alors pu compter parmi les investisseurs potentiels. » 

 

Des liens qui ne vont pas sans susciter de nouvelles inquiétudes. « On avait déjà des préoccupations avec l’arrivée du Furet du Nord, désormais on se retrouve avec un autre problème sur les bras. » Sollicité par ActuaLitté, le Furet du Nord n’a par ailleurs pas souhaité faire de commentaires, estimant qu’il « est encore trop tôt » pour apporter des précisions sur l'offre que la chaîne présenterait.