Montréal : 700.000 $ d'impayés pour les retards de retours de livres

Julien Helmlinger - 26.01.2015

Edition - Bibliothèques - Montréal - Amendes - Budget


La Ville de Montréal se trouve bien ennuyée au moment de boucler son budget : plus de 700.000 $ manquent dans ses coffres, en raison d'amendes toujours impayées concernant des retards de livres en bibliothèque. Ces amendes remontent parfois jusqu'à l'année 2007 et le réseau local n'aurait guère l'espoir de mettre un jour la main sur cette somme. « On parle de beaucoup de retards, au final », estime le chef de division Luc Jodoin.

 

 

Crédits : Université de Savoie

 

 

Pour un usager adulte, sur le réseau montréalais, une telle amende de retard équivaut à 25 ¢ par livre et par jour de retard, mais seulement jusqu'à un maximum de 3 $. On comprend ainsi d'autant mieux la remarque du chef de division, et son embarras quand on sait que 58 % de ses sommes perdues dans la nature concernent des amendes de moins de 2.99 $.

 

« En perspective, [715 007,80 $] ce n'est pas un gouffre non plus », nuance Luc Jodoin, qui admet toutefois qu'« on garde tout le temps espoir de récupérer [ces sommes]. Mais ça devient de plus en plus difficile, entre autres en raison du grand nombre de déménagements des Montréalais. On tend à les récupérer, mais je n'ai pas grand, grand espoir là-dessus ».


Il explique que la Ville n'a pas de politique de recours pour récupérer cet argent, et, même si dans le passé certaines bibliothèques ont entamé des poursuites, cela ne valait pas la somme en jeu. Pour des raisons, entre autres, de frais judiciaires qui avaient tendance à dépasser les sommes manquantes.

 

Il ne reste plus au service public qu'à envoyer des avis aux usagers en retard, et à bloquer leurs possibilités d'emprunt de livres dès qu'ils atteignent les 3 $ d'amende à payer. Par ailleurs, ces livres rendus en retard constituent autant de livres que les bibliothèques ne peuvent pas prêter. Et la valeur de ces livres en circulation n'est pas comprise dans la cagnotte impayée.

 

En conséquence, le chef de division rappelle que « ces livres-là appartiennent à tous les citoyens. Plusieurs personnes pourraient en bénéficier pendant qu'ils sont en retard ou jamais rapportés. C'est un devoir de citoyen de les rapporter ». Mais, globalement, le nombre total d'amendes imposées aux usagers des bibliothèques serait actuellement à la baisse.

 

« Les gens sont de plus en plus conscientisés. Ils remettent les livres plus vite », en conclut Luc Jodoin, relayé par le Journal de Montréal.