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Mordue de romantisme, Anne Rice passe aux Chroniques du loup

Julien Helmlinger - 07.11.2013

Edition - International - Anne Rice - Le don du loup - Fantastique


Un peu de lecture idéale pour apporter son lot de frissons aux nuits de pleine lune. Celle que l'on surnomme parfois la Reine des Vampires, auteure entre autres du cycle de l'immortel Lestat et autres aventures des sorcières de la famille Mayfair, Anne Rice publie le premier opus d'une nouvelle série fantastico-romantique. A l'âge de 72 ans, l'écrivaine signe Le don du loup, le récit d'un jeune journaliste qui va subir la morsure d'un canidé du genre pas vacciné, et se transformer lui-même en monstre mi-homme, mi-bête...

 

 

 

 

En marge de la nuit d'Halloween et de la publication de son dernier livre, Anne Rice s'est prêtée au jeu des interviews de circonstance. L'occasion notamment de revenir sur ses influences littéraires comme Mary Shelley, Charles Dickens ou encore Charlotte Brontë... Incontournable de la littérature fantastique, popularisée par l'adaptation ciné d'Entretien avec un Vampire avec Brad Pitt et Tom Cruise, la dame aux cheveux gris reste fidèle à sa passion gothique tout en changeant de monstre central.

 

Dans ce nouveau roman, le reporter Reuben, vivant à San Francisco, se transforme en loup-garou des suites d'une morsure dont il est victime. Bientôt doté de nouveaux instincts, il devient capable de sentir le Mal à distance. En cas de petit creux, le monstre jettera son dévolu sur tout ce que la ville comporte de malfrats, en somme, un peu comme le faisait Lestat, dans la saga des Vampires, qui préférait la chair des mauvais karmas à celle des créatures innocentes. 

 

Contrairement à la nouvelle vague de chick-lit à protagonistes monstrueux, Anne Rice fait le voeu de préserver en son ouvrage toute la violence du registre horrifique. L'écrivaine, qui se distancie de la domestication des Vampires à la mode de Stephenie Meyer, a confié dernièrement au Parisien : « Cela provient sûrement des expériences douloureuses que j'ai pu connaître dans ma vie, des pertes que j'ai dû endurer. Transformer leurs pires expériences en quelque chose de littéraire, c'est ce que font souvent les écrivains pour exorciser, même si cela ne supprime pas leur souffrance… »

 

Lors d'une récente visite en Nouvelle Orléans, restée présente au fil de son oeuvre littéraire et qu'elle avait quittée en 2005 pour aller vivre en Californie, Anne Rice a eu le plaisir de visiter un bal des vampires organisé en l'honneur du personnage de Lestat. Bien qu'elle se soit établie ailleurs, une part d'elle-même semble hanter l'État américain, et l'auteure s'est réjouie de constater que la jeunesse savait encore laisser libre cours à son imagination.