Morlaix : la librairie André ouvre une dernière fois ses portes

Clément Solym - 09.10.2012

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Patrimoine commercial de Morlaix, en Bretagne, la librairie André, située au numéro 20 de la Grand'rue, a fermé ses portes il y a une dizaine de jours. Néanmoins, Jean-Yves André, âgé de 62 ans, a annoncé qu'elles ouvriront une dernière fois vendredi et samedi, de 10h à 12h et de 14h à 19h, pour « dire au revoir aux Morlaisiens ».

 

 

 

 

La librairie André, qui a ouvert en 1949 avec Roger et Cicine André, est le genre d'enseigne qu'on n'« imagine pas un jour voir disparaître ». Comme tous les commerces implantés depuis plusieurs générations, la librairie participait de l'ambiance de quartier.

 

« À l'époque, on habitait au-dessus de la librairie. […] Entre commerçants, il y avait de véritables échanges familiaux. On allait ainsi manger chez les uns et les autres. On jouait pas mal avec les enfants des pompiers de la caserne (des Jacobins)...», témoigne Jean-Yves André, en se souvenant des années 50 et 60. Depuis, les commerces ont changé, certains ont tenté de perdurer, mais finissent bien souvent par fermer.

C'est en 1980 que Jean-Yves reprend l'affaire avec sa belle-sœur. « Bercé par les bouquins, j'ai toujours aimé lire, notamment les polars et les bandes dessinées ». « En passant en ville, les gens n'hésitaient pas à acheter un livre », raconte le libraire en parlant des années 80. Depuis, ce n'est pas faute d'avoir organisé des dédicaces : « Une vingtaine d'auteurs locaux et nationaux se retrouvaient dans une superambiance », à Noël. Cependant, en 2000, la librairie André a commencé à subir la concurrence de l'Espace culturel Leclerc et de la Sonothèque, reprise ensuite par Dialogues, malgré des pétitions lancées.

 

Depuis quelques années, les affaires ont été rudes, rapporte Le Télégramme, avec une baisse du chiffre d'affaires de 20%, un effectif qui passe de huit à trois salariés. Et ce fut la fermeture qui fut envisagée. « Ce qui va me manquer, explique le commerçant, c'est de ne plus revoir les personnes que j'avais l'habitude de voir à la librairie, mais aussi dans les bibliothèques, les établissements scolaires... ».  Mais surtout, « on était essoufflé ».

 

Aujourd'hui, Jean-Yves André exerce le métier de chauffeur de car…