Mort d'André Carrel, hommes des Humanités

Clément Solym - 19.12.2011

Edition - Société - André Carrel - communisme - resistance


C'est dans la nuit de vendredi à samedi qu'André Carrel, figure du communisme et de la presse - il fut rédacteur en chef de l'Humanité entre 58 et 81. Pierre Laurent, secrétaire général du PCF a annoncé son décès, à l'âge de 94 ans. « Il laisse le souvenir d'un homme chaleureux, fin et vif, mû par une infinie curiosité pour les êtres et la vie », souligne le secrétaire général.

 

Homme de la résistance, André Carrel a vécu sa vie au travers du communisme, où il entra dès son jeune âge, avant de faire dans le journal Le Peuple, celui de la CGT, son entrée, à l'âge de 19 ans. 

 

« Nous perdons avec lui un grand résistant, un grand dirigeant communiste, un grand journaliste. Tous les communistes auront à coeur de lui rendre l'hommage qui lui est dû », déplore le secrétaire général. 

 

 

Durant la Seconde Guerre mondiale, André Carrel s'engagea tout à la fois dans le comité parisien de Libération, dès 43. Au point que Bertrande Delanoë salue la mémoire d'« un grand acteur de la résistance et de la libération de Paris ».

 

André Carrel passa ensuite au poste de Président directeur général de l'Humanité.

 

Frédéric Mitterrand n'a pas non plus manqué l'hommage. « Fervent défenseur d'une presse militante populaire, proche de ses lecteurs, il s'est battu tout au long de sa carrière pour faire vivre les grands principes du pluralisme de la presse, dans un parcours qui l'a mené du quotidien Le Peuple à la Marseillaise puis à l'Humanité », salue le ministre de la Culture.

 

Et de conclure : « Sa disparition ne marque pas la fin d'une époque, car plus que jamais la presse française et ses lecteurs ont besoin d'une presse citoyenne engagée dans le débat démocratique qu'il a si bien incarnée au cours de sa longue carrière. »

 

Retrouver les livres d'André Carrel, sur Comparonet

 

Il avait également publié en 2009 un ouvrage à L'Oeil d'or, Mes Humanités.

 

Un des plus grands partis politiques de notre pays, c'est celui des anciens membres et des anciens sympathisants du parti communiste français. Quelle que soit la raison pour laquelle ils se qualifient d'“anciens” : nostalgie, séparation amiable ou non, hostilité, les souvenirs d'André Carrel seront pour eux comme une carte jalonnant leur parcours, ou comme une collection de photographies illustrant des périodes mémorables. Et ces souvenirs peuvent aussi faire revivre […] des polémiques d'antan. Il est vrai que ce guide […] n'est pas n'importe qui. C'est un journaliste d'investigation et de responsabilité, qui a parcouru le monde et le siècle pour les principaux journaux de son parti : La Marseillaise, L'Humanité, L'Humanité Dimanche ainsi que pour Le Peuple, organe de la CGT. » C'est par ces mots de Raymond Aubrac que s'ouvre l'autobiographie d'André Carrel.