Mort d'Yves Bonnefoy : Le monde littéraire perd “l'un de ses plus grands poètes”

Nicolas Gary - 02.07.2016

Edition - Société - Yves Bonnefoy mort - poète mort Bonnefoy - hommage Yve Bonnefoy


La mort du poète Yves Bonnefoy, survenue cette semaine, à l’âge de 93 ans, a provoqué de multiples réactions sur les réseaux. Salué, admiré, Aurélie Filippetti rappelle d’ailleurs : « Le chant délicat de la poésie d’Yves Bonnefoy nous accompagnera toujours, car “le blé qui va lever ici sera le pain de nouveaux échanges”. » 

 

 

 

Pour certains, ce sont des pages de ses recueils, diffusées aux quatre vents sociaux : 

 

 

 

Pour d’autres, comme Alain Mabanckou, c’est un hommage pudique, une simple photo partagée, de l’homme au regard dur, si contrasté avec sa propre poésie. Une photo déjà partagée par Le Monde des livres : 

 

 

 

La BnF remet en avant une conférence inaugurale de mai dernier, portait sur les liens de la poésie et du théâtre dans l’œuvre d’Yves Bonnefoy. « Le grand poète, critique d’art, traducteur, écrivain Yves Bonnefoy est décédé », annonce sobrement le ministère de la Culture, alors qu’Audrey Azoulay vient de partager un message : 

 

L’œuvre d’Yves Bonnefoy entretenait un rapport aigu entre poésie et réflexion. Il prenait appui à la fois sur l’expérience, l’écriture poétique, la lecture critique, la traduction (Shakespeare), et l’étude des œuvres appartenant à d’autres arts (Giacometti).

 

C’est André Breton qui a fait rencontrer la poésie à Yves Bonnefoy à travers le surréalisme qui participait, à ses yeux, d’une colère contre la réalité. J’avais eu le bonheur de le saluer lors du Printemps des poètes, il y a quelques semaines encore.

 

Grand traducteur de Shakespeare, il a aussi rédigé plusieurs dizaines d’essais. Après avoir été professeur d’université, il a été élu en 1981 au Collège de France. Il fut par ailleurs, directeur de collection chez Flammarion (Idées et recherches).

 

Parmi les nombreux prix reçus tout au long de sa carrière, il a eu notamment le prix de l’Académie française en 1981, le Goncourt de la poésie pour l’ensemble de son œuvre en 1987, le prix de la BNF en 2013 ou encore le Grand prix National de poésie.

 

Présence est le mot clef de la poétique et de la pensée d’Yves Bonnefoy. Il avait d’ailleurs titré sa leçon inaugurale au Collège de France : « la présence et l’image ».

 

Il y avait chez Bonnefoy absence de toute nostalgie. À la fin, Bonnefoy écrivit : « il faut, autrement dit, réinventer un espoir. »

 

On pourra aussi retrouver l’une des dernières interventions à la radio :