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Mort de Garcia Marquez : Vargas Llosa et Fidel Castro restent muets

Nicolas Gary - 26.04.2014

Edition - International - Gabriel Garcia Marquez - Fidel Castro - Mario Vargas Llosa


La mort de la plus importante personnalité d'Amérique latine a suscité des hommages partout dans le monde. Gabriel Garcia Marquez, alias Gabo, est décédé, et internationalement, son oeuvre et sa mémoire ont été saluées. Mais l'attention s'est aussi focalisée sur deux hommes. Le premier, pour leur relation conflictuelle, le second pour la grande amitié qui les liait.

 

 

 

Entre Mario Vargas Llosa et Marquez, la tension venait de loin. BibliObs avait raconté cette histoire de bourre-pif que le premier avait collé au second. Au sortir d'une projection de presse, pour le film L'Odysée des Andes d'Alvaro Covacevich, le 12 février 1976, Mario envoie Gabriel au tapis, d'un direct du gauche. Boum. 

 

Ce qui n'avait pas empêché à la mort de Marquez, d'entendre Llosa saluer son confrère : « Un grand écrivain est mort, dont les œuvres ont offert une grande diffusion et un grand prestige à la littérature de notre langue. Les romans de García Márquez lui survivront, et continueront à séduire des lecteurs partout dans le monde. »

 

Depuis, Vargas Llosa a été plusieurs fois sollicité pour expliquer les raisons de ce désaccord entre eux. Mais les deux hommes, a-t-il expliqué, ont « conclu un pacte, celui de ne pas alimenter les rumeurs sur nos relations. Ainsi, il est mort en tenant parole, et je mourrai en tenant parole », rapporte l'AFP. Et d'ajouter : « Nous avons des biographes, des historiens, qu'ils découvrent la vérité, mais elle ne sortira pas de nos bouches. » Le mystère restera entier. 

 

Fidel consterné

 

Dans le même temps, c'est Fidel Castro dont on attendait une réaction. L'amitié entre les deux hommes était forte, et depuis le décès de Gabo, pas un mot de Fidel. Il est cependant, en toute discrétion, sorti de son silence, raconte Miguel Diaz Canel, numéro 2 du gouvernement de Cuba, au Guardian. « Fidel est un homme d'une grande sensibilité humaine. Mais c'est aussi un homme affaibli par toutes les batailles qu'il a dû livrer.. il a une certaine résistance à ces choses. » 

 

Castro est littéralement consterné par la disparition de Gabo, et très touché, personnellement. Mais l'ancien président cubain, âgé de 87 ans, avait entretenu les rumeurs de par son silence. On doutait de sa santé. Il avait pourtant agi de la même manière, l'an passé, quand Nelson Mandela, en Afrique du Sud, et Hugo Chavez, au Venezuela, étaient décédés. Le vice-président a rassuré la presse : « Son état de santé est très bon. Il travaille intensément. »

 

Cette semaine, une oeuvre inédite de Garcia Marquez a été découverte. En agosto nos vemos, ce qui donne en français Nous nous verrons en août. C'est l'histoire d'Ana Magdalena Bach, une femme qui se rend sur la tombe de sa mère, quelque part sur une île, comme elle le fait chaque année depuis 20 ans... L'oeuvre est d'ores et déjà présentée comme « le dernier témoignage d'un écrivain qui a changé l'Histoire de la littérature ». Il reviendra à ses héritiers de décider si, oui ou non, un livre sera publié ensuite.