Mort de Jean Anglade, romancier qui n'avait vécu que “douze jours de bonheur”

Cécile Mazin - 22.11.2017

Edition - Société - Jean Anglade romancier - roman france bonheur - La saga des Pitelet


« Je suis né par hasard à Thiers au pays des couteaux, mais j’ai reçu mon âme de partout », écrivait Jean Anglade. « Fils d’une servante et d’un ouvrier maçon – il n’a passé que “douze jours de bonheur”, le temps d’une permission, avec son père, tombé sur le front de la Somme en septembre 1916, et ne conserve de lui qu’un paletot bleu que sa mère lui taille dans l’uniforme du chasseur alpin – Jean Anglade naît en 1915 à Escoutoux dans le Puy-de-Dôme, près de Thiers », indique son éditeur Presses de la Cité.

 


© Artephoto Stéphane Olivier
 

 

Sa première « période bleue » de romancier social des années 50 à 70, sera particulièrement mise en lumière avec ses œuvres plus littéraires (Des chiens vivants) puis ses textes populaires dans sa veine auvergnate à partir de 1969 (La pomme oubliée). Ces lectures donneront à découvrir ou redécouvrir un grand auteur qui a su fédérer un public nombreux, fidèle, transgénérationnel. 

 

Il a trente-huit ans, en 1952, quand paraît son premier roman, Le Chien du Seigneur, l’histoire d’un prêtre-ouvrier qui exerce son ministère dans une usine de caoutchouc. Un sujet délicat pour l’époque. Le roman fait grand bruit. Henri Pourrat le complimente : « Je vous ai lu d’un trait... Vous êtes un romancier. » Ce roman le fera entrer, dit-il, « dans la république des lettres ». 

 

Il est un homme aux valeurs humanistes et son œuvre considérable aborde des genres et des sujets très différents : romancier, essayiste, traducteur (de Boccace et de Machiavel), biographe, mais surtout intarissable conteur, Jean Anglade est l’auteur d’une centaine d’ouvrages, rappelle son éditeur, Presses de la Cité.

 

Ce reportage, réalisé par France 3, permet de revenir sur l’ensemble de sa carrière.

 


 

 

On pourra également retrouver cet hommage à l’écrivain, organisé lors d’un cycle de lectures pour célébrer ses cent ans.