Mort de Jim Unger dessinateur du grotesque et de la laideur

Clément Solym - 04.06.2012

Edition - International - unger - herman - cartoon


Il était le père du cartoon aux personnages rondouillards, pathétiques et méchamment cyniques. Pour la première fois peut-être, Jim Unger ne fait plus rire. Le 29 mai, âgé de 75 ans, ce Canadien d'origine anglaise a tiré son irrévérence dans son sommeil. Une délicatesse qui sonne comme un contre-point d'une carrière passée à croquer les travers et petites laideurs des hommes.

 

De ces personnages on en retiendra le principal, Herman. Nez proéminent, énorme panse,  coincé entre deux âges et une femme acariâtre, Herman était notre voisin de palier, dans le meilleur des cas. Issu d'une carrière de dessinateur tardive, le bonhomme commencera à apparaître sur les planches de comics-strips des journaux canadiens en 1974. La quarantaine approchant, Unger a déjà été agent de recouvrement et commis d'assurance avant de partir pour l'Ontario. C'est donc avec une acuité toute particulière qu'Unger va croquer un univers du banal et des petites tracasseries : celui des courses avec bobonne, des velléités de divorce et des dimanches maussades.

 

 

Entré tard dans l'illustration pour journaux, Unger va très vite décliner ses odieux personnages pour de nombreux titres de presse. Un temps dessinateur publicitaire, il  part pour le Mississauga Times. Quelques années plus tard il tente sa chance en envoyant une série de gages auprès de la Universal Press Syndicate qui répondra favorablement. Les dessins amusent, mais il manque un liant entre toutes les illustrations de ce personnage récurrent. Baptisé Herman, le personnage gagne une identité propre et peut devenir l'antihéros que l'on connaît. Ce mauvais goût sera récompensé en 1982 et 1987 par la National Cartoonists Society. Unger jouera avec les monstruosités. Lui qui avouait rire de la laideur le rendra communicatif.

 

Surréalisme social

 

En France, Fluide Glacial fait dans le même temps découvrir les Bidochons de Binet. Toute une époque où d'autres auteurs cultivent l'absurde comme Mike Peters, plus connu pour son chien Grimmy. Mais le père d' Herman influencera directement de plus jeunes artistes comme Gary Larson et son Far Side imbibé de son surréalisme social aux personnages grotesques.

 

Au moment de sa retraite, 500 journaux se partagent ses productions. De cette profusion de planches à mauvais esprit aboutira une compilation en douze volumes. Après quelques années de retraite, ses amis l'incitent à reprendre le crayon, ce qu'il fait en 1997 pour United Media, service de syndication de bande dessinée pour la presse. En signant un nouveau contrat de dix ans, Unger a fait redécouvrir à une nouvelle génération son quinquagénaire moyen.




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