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Mort de John Ashbery : “Ma poésie est discrète, de même que la vie.”

Victor De Sepausy - 04.09.2017

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Le poète John Ashbery, lauréat du prix Pulitzer de poésie, est décédé à l’âge de 90 ans. Il a été retrouvé à son domicile de Hudson, annonce son éditeur américain Farrar, Straus & Giroux. Ayant toujours rejeté les conventions poétiques, la prose d’Ashbery a évolué vers des influences croisant musique et arts visuels. Et notamment les peintres expressionnistes abstraits. 

 

John Ashbery © Lynn Davis

 

 

« Mon ambition était d’être peintre », assurait-il dans un entretien à la Paris Review. La critique s’est régulièrement lancée contre ses textes, considérant que sa poésie était indéchiffrable. Pourtant, si ses écrits étaient énigmatiques, laissant la critique et ses pairs dubitatifs, ils ont marqué toute une grande génération d’écrivains.

 

« Ma poésie imite ou reproduit la manière dont les connaissances ou les attentions me viennent, ce qui est toujours aléatoire », expliquait-il. « Ma poésie est discrète, de même que la vie. »

Le métier même de poète, pour lui, était « une profession marginale » au sein de notre société. Et il se défendait souvent de cette dimension critique : « Je souhaite que [mes textes] soient aussi accessibles au plus grand nombre possible. Ils parlent de notre intimité à chacun, et la difficulté vient de notre propre manière de penser. De ce point de vue, je crois, ils sont accessibles à n’importe qui souhaiterait y accéder. »

 

La maison José Corti racontait brièvement cette existence hors du commun.
 

John Ashbery s’est imposé depuis les années cinquante comme l’un des plus grands poètes américains de sa génération. L’œuvre de John Ashbery est considérable (25 livres de poésie, des pièces de théâtre, des textes critiques et de nombreuses traductions).

 

Elle a été couronnée par les prix littéraires les plus prestigieux. Certains des livres de John Ashbery dont Three Poems (1972), Self-Portrait in a Convex Mirror (1976) ou, plus récemment, Flow Chart (1991), sont désormais des classiques de la littérature américaine.

 

John Ashbery a fait ses études à Harvard puis à Columbia University. Titulaire d’une bourse Fulbright en 1955, il se rend en France où il restera dix ans pendant lesquels il sera très actif sur la scène culturelle et artistique : en plus de traduire de nombreux poètes français (Roussel, Jacob, etc.), il fonde deux revues, Locus Solus avec ses amis Kenneth Koch, Harry Mathews et James Schuyler et Art News avec Ann Dunn.

 

En 2015, les éditions José Corti et Joca Seria avait publié deux recueils, Le serment du jeu de paume, traduit par Olivier Brossard et Vague, traduit par Marc Chénetier.