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Mort de l'écrivain et intellectuel engagé John Berger

Cécile Mazin - 03.01.2017

Edition - Société - John Berger décès - écrivain engagement politique - anachiste écrivain Berger


C’est le fils de l’écrivain, le cinéaste Jacob Berger, qui a annoncé sur sa page Facebook le décès de John Berger. Né au Royaume-Uni, l’auteur s’était investi dans le roman, les nouvelles, mais également la poésie et la peinture. Une œuvre colossale, qui l’a également conduit à travailler comme scénariste pour des films d’Alan Tanner.

 

 

 

Lauréat du Man Book Prize en 1972, son dernier ouvrage, G., fut publié aux Éditions de L’Olivier, et traduit par Elisabeth Motsch.

 

Fils bâtard d’une aristocrate anglaise et d’un négociant italien, G., le protagoniste de ce roman, est tôt séparé de ses parents. C’est en orphelin qu’il se construit. Plusieurs expériences vont développer en lui une passion pour le corps singulier des femmes, et celui, collectif, des masses en lutte dans l’histoire. Rien en lui d’un séducteur, pourtant ; G. est plutôt laid, et s’il fascine, c’est par la force dérangeante de son regard.

 

Épique, G. est traversé par le grondement des révoltes, le souffle des guerres, mais aussi le sillage des premiers héros de l’aviation. Intimiste, il reconstruit le monde perdu de l’enfance, explore celui du désir et du sentiment amoureux. Matérialiste, il doit beaucoup à Marx, mais surtout à Diderot — le Diderot du Neveu de Rameau — et aux écrivains érotiques du XVIIIe, dont il retourne le propos : avec G., Don Juan ne vient plus asservir les femmes à son désir, mais les libérer.

 

 

Grand intellectuel, il était grandement engagé politiquement. « Mon père John Berger est mort aujourd’hui. Sans peur ni témérité, mais attentif, désireux de connaître la suite de l’histoire. En Ecrivain », ajoute son fils, depuis Twitter.