Mort de l'écrivain suisse Philippe Rahmy, explorateur des mondes

Clément Solym - 02.10.2017

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Né à Genève le 5 juin 1965, Philippe Rahmy avait reçu la mention spéciale du prix Wepler 2013 pour Béton armé et venait d’être salué par le prix suisse de littérature 2017. Explorateur du langage, il le fut également du vaste monde, voyageant à travers différents pays en dépit de sa maladie.

 

© Philippe Pache 2016


 

« Je viens d’apprendre le décès de Philippe, à peine passé ses 52 ans. On savait depuis si longtemps, lui-même le disait, qu’un claquement de doigts suffirait. Mais depuis le temps qu’il arpentait le monde, et tout ce charroi des livres, plus celui qu’il s’apprêtait à écrire, son Amérique à lui... Non, on n’y croyait pas — plus », lance François Bon

 

Avec Ronald Klapka, ils avaient tous trois cofondé le site remue.net asso voilà une quinzaine d’années. 

 

C’est la maladie dite des os de verre qui l’aura emporté — raison de cette fragilité constatée de l’existence. Probablement ce qui participait également à l’écriture de ces textes à la recherche des limites du corps, mais également la construction de la parole. 

 

Travaillant tant dans le roman, la poésie que la critique, il s'était invesit dans le collectif D-Fiction, articulé autour d’une plateforme collaborative.
 

[Extraits] Monarques de Philippe Rahmy


Il venait de publier Monarques, aux éditions de La Table ronde, un autre voyage en compagnie d’une figure paternelle fantomatique, qui « m’a mené bien au-delà de ce que j’avais imaginé. Ensemble, nous avons traversé de nombreuses frontières, jusqu’à celle du pardon », écrivait-il.
 

L’écriture était une source d’expérimentation permanente pour lui. Les Éditions d’En Bas publieront mi-octobre son prochain livre, Propositions démocratiques.

 

Fin programmée de l’ordre néo-libéral, je signale l’informatique, puissance effective au bénéfice de tous, comme outil d’émancipation, et les informaticiens, architectes des infrastructures financières et industrielles, et de l’écosystème social en toutes ses catégories, en tant que nouvelle classe sociale. Comme l’ont été le prolétariat et la bourgeoisie, les informaticiens, dont le groupe se distingue de la profession homonyme, incluant mathématiciens, médiamaticiens, maîtres d’ouvrage, physiciens, codeurs, ingénieurs, techniciens, administrateurs, développeurs, modeleurs, rédacteurs, intégrateurs, ouvriers de production et de maintenance, usagers des outils et réseaux informatiques assurant aujourd’hui la pérennité et, demain, la chute du système néo-libéral, chacun selon son savoir et ses capacités d’action, répondent à la définition de classe sociale, malgré l’hétérogénéité idéologique, générique et fonctionnelle de cette classe, reflet du monde contemporain en ses porosités.

 

L’éditeur et ancien rédacteur en chef du Magazine littéraire, Laurent Nunez évoque : « Depuis Béton armé, je le lisais avec avidité. Je lui avais demandé un carnet de voyage sur Shanghai, pour le Magazine Littéraire, et il avait accepté avec gentillesse et humilité. Puis il y a eu Allegra, et Monarques très récemment : deux livres magnifiques, généreux et sereins, écrits par un homme qui souffrait terriblement de la maladie de verre. »

 


 

 

The body remains from Philippe Rahmy-Wolff on Vimeo.