Mort de Seydou Badian, l'auteur qui rêvait d'un panafricanisme

Nicolas Gary - 29.12.2018

Edition - International - Seydou Badian mort - Seydou Badian Mali - Seydou Badian panafricanisme


Toute sa vie durant, Seydou Badian aura combattu, en politique, comme par ses livres, contre la corruption. Engagé bien avant que le Mali ne devienne indépendant, l’écrivain vient de mourir à l’âge de 95 ans. 



Homme de lettres, ancien ministre de l’Economie rurale puis du Développement, lors du gouvernement de Modibo Keita, entre 1960 et 1968, Seydou Badian Kouyaté est devenu une figure littéraire majeure. Avec la publication de Sous l’orage en 1963 – depuis réédité par Présence africaine en avril 2001 avec La mort de Chaka en supplément – il rappelait à la mémoire le passé et les temps anciens. 

Loin d’être nostalgique d’une époque fantasmée, il souhaitait parvenir à réconcilier modernité et tradition. 

A l’occasion de l’élection présidentielle, il avait accordé un entretien à Mondafrique, analysant l’espace historico-politique du Mali, et ses relations avec les autres pays, notamment la France.
 


Il y redéveloppait également sa critique récurrente à l’encontre de l’Occident dont les États auront toujours cherché et tenter de prendre le contrôle de l’Afrique. Lui-même avait vécu la déportation après le coup d’Etat de Moussa Traoré en 1968. Il partit alors s’installer au Sénégal. 

Alioune Badara Bèye, président de l’association des écrivains du Sénégal a confié sur la radio sénégalaise RFM : « C’est un éminent écrivain. Ses romans (sont) enseignés dans tout le contient africain. Il a toujours servi de conseiller et de guide pour la nouvelle génération d’écrivains africains. »



Historiquement, il aura toujours prêché en faveur d’un panafricanisme, avec la constitution des États-Unis d’Afrique. Et dans ses textes, il puisait dans les ressources du roman social pour dénoncer les outrances et les abus qui caractérisent souvent les dirigeants africains d’aujourd’hui. 

Avec cette plus grande interrogation qu’il avait posée dans l’essai Les dirigeants d’Afrique noire face à leur peuple : que faut-il faire pour que l’Afrique soit réellement et définitivement prise en mains par les Africains ? 


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