C’était devenu le mal-aimé de l’édition française, ou le romancier le plus illisible, selon ceux qui en parlent. « La littérature française est atteinte d’un mal chronique : les autobiographies exposant un microcosme parisien sans intérêt pour le lecteur se multiplient », jurait Maurice Dantec. Le romancier est mort dans la nuit du 25 juin, annonce son éditeur, Inculte.

 

© Stéphane Hervé

 

 

« Ce week-end, Maurice G. Dantec nous a quittés. Nous repenserons à tous les bons moments passés en sa compagnie, depuis les premiers concerts et disques en 1996 avec Richard Pinhas, à l’époque des "Racines du Mal", jusqu’à son dernier livre, "Les Résidents", en 2015, chez inculte », annonce la maison Inculte, depuis Facebook.

 

« Chaleureux, généreux, amical et humain, il aura marqué la littérature française de son œuvre unique. Toutes nos pensées vont à Sylvie, son épouse, et Eva, sa fille, qui ont été à ses côtés jusqu’au bout. »

 

Âgé de 57 ans, Maurice Dantec vivait au Québec depuis plusieurs années, ayant décidé que la France n’était plus vivable. 

 

Tous mes romans sont des transitions. Chacun d’entre eux est la « destruction créatrice » du précédent, et peut-être même d’ailleurs d’un titre encore antérieur, voire d’un successeur. Il n’y a pas vraiment de linéarité ni de circularité dans ma production… Elle est « non-linéaire », comme on dit de certains phénomènes physiques. Maurice G Dantec

 

 

Les dernières publications de l’écrivain ne faisaient toutefois plus recette. Annoncé en avril 2012 aux Éditions Ring, créées par son ancien agent, le divorce avait rapidement été prononcé : quelques mois après la signature, la maison qui devait faire paraître Satellite Sisters était attaquée en justice. Dantec, à cette époque, dénonçait un contrat d’édition abusif.

 

L’histoire aura finalement donné raison à la maison d’édition.

 

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Dantec : “Quand j’écris, je compose toujours la ligne vocale en même temps”

 

 

Dans une interview accordée à ActuaLitté en mai 2012, Dantec évoquait les liens entre la vie politique et les auteurs, l'impact que ces derniers pouvaient avoir : « Il faut s’entendre sur l’expression « vie politique ». S’il s’agit de ce à quoi nous avons assisté depuis plusieurs semaines, c’est le Cirque Pinder pour moi. La vie politique, c’est précisément ces hommes et ses femmes, qui, contre toutes attentes, fabriquent l’Histoire en prenant des voies obliques, des voies déviantes. Nous entrons dans le XXIe siècle, qui sera bien plus différent du XXe, que celui-ci ne l’a été du XIXe. »

 

L'ONU a tout intérêt à décapitaliser la planète, à en faire une grande société post-hippie, malgré tout surveillée par un Big Brother fort amical, convivial même, qui sortira quand même la matraque si cela s'avère nécessaire. L'idée est de pacifier l'humain, alors que l'homme est un prédateur depuis ses origines : sans l'instinct de survie du primate originel, nous ne serions pas là. Maurice G Dantec