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Moscou accuse les violences des nationalistes ukrainiens

Louis Mallié - 06.05.2014

Edition - International - Ukraine - Russie - Poutine


Le ministre des Affaires Étrangères russe a présenté hier à Moscou le « Livre Blanc », une large étude sur les violations des droits de l'homme et les violences en Ukraine. Publié en anglais et en russe sur lesite du ministère, le rapport de 81 pages reprend l'ensemble des faits depuis l'envolée des tensions depuis novembre 2014.

 

 

Manifestants ukrainiens en décembre dernier

Selph-photographed, CC BY 3.0

 

 

« La présente liste des violations les plus flagrantes des droits de l'Homme internationaux (…) offre suffisamment d'éléments pour affirmer que les violences se sont généralisées », indique le rapport qui étaye ses affirmations de nombreuses études, entretiens et témoignages. 

 

En effet, le rapport entend montrer un autre versant de la crise ukrainienne. Ainsi, il liste dans l'ordre chronologique plusieurs violences qu'auraient perpétrées les nationalistes ukrainiens : les 31 morts d'Odessa ne seraient que la partie visible de l'iceberg.  Aussi, entre autres faits, le 16 mars dernier, une trentaine d'Ukrainiens ultranationalistes s'en serait prise à des adolescents dans la ville de Dnepropetrosk dans l'est de l'Ukraine, après qu'il aient refusé de chanter l'hymne national. 

 

De même, le 19 février des manifestants s'en sont pris au gouverneur pro-russe de la région de Volyn dans l'ouest dans l'Ukraine. La victime, Aleksandr Moskalenko avait essayé de calmer une foule en furie, qui l'a capturé avant de l'asperger d'eau en dépit des températures hivernales, avant de l'abandonner menotté. Le rapport pointe naturellement les nombreux morts qu'ont déjà engendrés les tensions entre nationalistes et pro-russes, mentionnant également la remontée de plusieurs mouvements néo-nazis et de nombreux actes antisémites perpétrés début février.

 

Photo extraite du rapport de manifestants nationalistes

 

Le rapport n'a donc pas hésité à accuser ceux qui « poursuivant leurs seuls intérêts utilisent une démagogie pseudo-démocratique pour plonger plusieurs millions d'Ukrainiens dans l'extrémisme, l'anarchie, et une profonde crise de l'identité nationale. » 

 

Pour conclure, le « Livre blanc » met donc en garde contre une situation qui menace « la paix et la sécurité dans la région, et ne fait qu'entraîner une escalade des conflits interethniques et internationaux. » Il accuse également les autorités de Kiev « d'abus de pouvoir, d'actions anticonstitutionnelles, de destructions de structures administratives (…) de xénophobie, de chantage flagrant, de répression, et d'abus physiques contre les opposants politiques », et n'hésitant pas à parler de « coup d'État. »

 

Même si les faits parlent d'eux même, il est n'en demeure pas moins qu'il est amusant de voir le gouvernement russe critiquer certaines méthodes qui ne lui ont pas toujours été étrangères. Car il est vrai qu'en terme de répression la Russie s'y connaît : après que 200 opposants au régime soient passés devant le tribunal vendredi, Vladimir Poutine a signé hier une loi déterminant quels mots sont « corrects » ou ne le sont pas pour la littérature et les arts russes...