Moulinsart et Tintin : inventer la parodie non-parasitaire

Clément Solym - 18.09.2009

Edition - Justice - Moulinsart - Tintin - inventer


L'aventure judiciaire de Gordon Zola, auteur des celles de Saint-Tin et son ami Lou avait commencé par l'attaque que la société Moulinsart, héritiers d'Hergé, a lancé pour contrefaçon, une idée non seulement sinistre, mais surtout étouffante.

Les Éditions du Léopard Masqué rappellent que le juge avait débouté Moulinsart pour la contrefaçon, de même que la demande d'interdiction de commercialisation a été rejetée. La légalité de la parodie pour la série était donc validée et dès le 25 août, le livre pouvait regagner les librairies.

« Hélas, ne pouvant pas entièrement donner raison à un éditeur indépendant (déjà suffisamment riche comme ça) le tribunal a prononcé une autre sentence : ARCONSIL (qui gère les éditions du Léopard Masqué et Démasqué) a été condamné pour PARASITISME et devra payer 57 500 euros (et des grosses broutilles) », précise la maison, dans un communiqué intitulé Le pot d'éther contre le pot des fiers.

Et de souligner le caractère contradictoire de la décision. Gordon Zola, l'auteur, pointe : « Peut-on me dire ce qui détermine une parodie parasitaire d’une parodie non-parasitaire ? » N'est-il pas dans la nature de la parodie, que d'être parasitaire ? Quelle alternative alors ? Se pourvoir en appel pour contester la décision judiciaire et l'amende - et surtout les broutilles, assez grosses.

« Pour la défense du droit d’expression, la sortie du cinquième opus de la série, “Saint-Tin au gibet” prendra une valeur plus que symbolique. » Et avec un humour grinçant : « Après la tête des rois, veut-on faire tomber celle de leurs fous ? »