Moulinsart tente réellement de museler une parodie de Tintin

Clément Solym - 07.01.2011

Edition - Justice - droit - parodie - tintin


Aujourd'hui, à la 2e Chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris, l'éditeur Artconsil se retrouvait face à Moulinsart SA, chargée des droits de l'oeuvre de Hergé pour déterminer si le premier serait bien condamné à 40.000 €, somme réclamée en guise de préjudice.

Artconsil publie en effet les aventures de Saint-Tin, dont Moulinsart trouve qu'elles contrefont l'oeuvre de Hergé, Tintin. Les deux avocats, chacun leur tour, auront prêché pour leur paroisse, mais la salle était clairement acquise à la cause du petit éditeur. Si la mauvaise foi d'une avocate plaidant pour Moulinsart était patente, au sortir de la séance, tout le monde aura déploré que ce soit le président qui la mette en péril et non l'argumentaire de l'avocate défendant Artconsil.

Vous disiez ?

Scène pathétique, montrant bien l'idiotie de ce procès, une de ces dames assises à la gauche du président est parvenue à s'endormir. Procès vain, inconcevable, dans lequel Moulinsart tente de faire valoir que Artconsil porterait un préjudice moral autant que financier à Moulinsart, et l'oeuvre du dessinateur.

Moral, parce que Hergé a interdit que l'on donne une suite après lui à Tintin, et que c'est justement sur cette ligne d'attaque que l'avocate a tenté de tout jouer. Une avocate hésitante, balbutiante, dont les arguments n'auront vraiment rien apporté de convaincant. Arguant que les couvertures de Saint Tin sont des contrefaçons « en ce qu'elles représentent des produits dérivés, créés sans l'accord des ayants droit », elle sera parvenue à toucher le fond du gouffre avec un argument des plus spécieux.

Selon elle, Artconsil aurait orchestré cette publication - 23 romans étaient prévus - pour jouir du renouveau d'intérêt que le film de Spielberg va apporter. Dérisoire. En outre, elle a tenté d'affirmer qu'il n'y avait aucun pastiche ni de parodie dans l'oeuvre de Gordon Zola, présent dans la salle. Pour elle, appeler le personnage ami de Saint-Tin, Aiglefin, revient à avoir choisi un synonyme de Haddock, en vertu de ce que le haddock, quand il est fumé, est appelé aiglefin.

Autrement, dit, les plaignants, ou du moins leur conseil, n'ont vraiment pas le sens de l'humour.

Tintin pour ton survet !

Pourtant, même le président se mit à sourire, en lisant des passages du livre Les Pies jouent de la Castagnette. Et l'avocate de nier qu'il soit possible de faire une parodie d'une oeuvre qui, comme Tintin, est déjà une oeuvre d'humour, voire une oeuvre « burlesque ». Et même, le travail de Gordon Zola ne serait en fait qu'une contextualisation dans le monde moderne des aventures et des personnages de Tintin.

Le passage épique de la lecture des différents titres des oeuvres de Hergé, confrontés à celles de Gordon Zola, aura toutefois provoqué une certaine hilarité. En entendant les titres, à retrouver à cette adresse, dont l'avocate tentait de démontrer qu'elles n'étaient en rien parodiques, la salle a réellement poussé un soupir de soulagement.

La procédure de Moulinsart, c'est vraiment du n'importe quoi...

Une plaidoirie bien peu convaincante, où contradiction et maladresses se seront succédé, allant jusqu'à tenter de nier le caractère original des romans de Gordon Zola.

Le délibéré aura lieu le 11 février prochain.



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