Mouvement(s) de grève à venir dans les bibliothèques parisiennes

Antoine Oury - 17.11.2016

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Des bibliothécaires de la Ville de Paris se sont réuni ce matin en assemblée générale afin d'évoquer leurs prochaines actions dans ce qu'ils estiment être « un conflit social » avec l'administration parisienne. Si l'ouverture de certains établissements de la capitale le dimanche a mis le feu aux poudres, les bibliothécaires dénoncent un manque d'écoute plus général de la Mairie. Et ont voté en conséquence un mouvement de grève avant la fin de l'année.

 

Bibliothèque municipale de Lyon (Part Dieu)

(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

 

Depuis l'assemblée générale du mois d'avril dernier, les revendications n'ont pas changé, mais les bibliothécaires mobilisés occupent désormais la salle Jean Jaurès, « la bien nommée », s'amuse l'un d'entre eux, de la Bourse du Travail.

 

L'ouverture le dimanche de 7 bibliothèques du réseau parisien d’ici 2019, en plus des 3 établissements déjà ouverts ce jour-là, Duras, Yourcenar et Sagan, reste l'élément déclencheur et central de la mobilisation, mais la plupart des professionnels ne veulent pas l'arrêter à cette seule cause.

 

« La dégradation du travail le dimanche aura un impact sur celui du reste de la semaine, et il est évident qu'elle va frapper tous les établissements », prédit une responsable syndicale. À la médiathèque Hélène Berr, dont l'ouverture le dimanche est prévue au mois de janvier 2017, ils seront 7 titulaires et 8 étudiants, alors que les personnels estimaient au départ leurs besoins à 10 titulaires. « Pour la première fois, le non-respect de la parité entre titulaires et non-titulaires est affiché par écrit », commente une bibliothécaire.

 

L'ouverture des établissements le dimanche correspond à une posture politique, selon les personnels présents : « Si les établissements ouvraient en matinées ou en nocturne, les Parisiens viendraient aussi : on ne leur propose que le dimanche, alors forcément, ils font avec. Et la seule ouverture le dimanche ne crée par de nouveau lectorat : un an après l'ouverture dominicale de Yourcenar, il n'y avait que 3 ou 4 % de nouveaux lecteurs au sein des usagers de ce jour-là. »

 

Le dimanche et les bibliothèques furent un des thèmes du mandat d'Aurélie Filippetti, première ministre de la Culture du président Hollande, avant d'être repris de manière plus tempérée par Fleur Pellerin et aujourd'hui Audrey Azoulay. Face à la détresse de certains élus, liée au manque de moyens et d'effectifs, l'État s'est engagé à aider financièrement les projets d'extension des horaires ou d'ouverture le dimanche pendant 5 années, éventuellement renouvelables.

 

Ce qui agace encore plus les bibliothécaires de Paris : le dossier de Paris serait finalisé pour les établissements Canopée et Françoise Sagan.

 

À lire aussi : Le dimanche reste problématique entre les bibliothécaires et la Mairie de Paris

 

Les relations n'ont jamais été au beau fixe entre la Ville de Paris et les personnels des établissements de prêt, mais les participants à l'assemblée générale assurent que le dialogue est impossible : « Nous avons réclamé deux postes pour le dimanche et l'administration est quand même allée au conflit, tout en nous expliquant qu'il était possible de nous installer des automates de prêt, sans problème. C'est une position idéologique de réduction des dépenses publiques » témoigne un bibliothécaire.

 

Pour faire entendre leur position, peu écoutée par des élus qui s'arrêtent souvent au seul effet d'annonce de l'ouverture du dimanche, les bibliothécaires se sont entendus pour organiser un mouvement de grève aux alentours du 17 décembre prochain, à l'occasion de la réouverture de la bibliothèque Parmentier. Les modalités et la date du mouvement pourront changer, mais l'intersyndicale espère mobiliser une bonne partie du réseau parisien « contre la destruction du service public et l'ouverture du dimanche dans ces conditions ».

 

D'autres actions pourraient suivre, selon les effets de la première.