Mouvement social historique à Radio France : retour des ondes

Cécile Mazin - 16.04.2015

Edition - Société - Radio France - grève service public - maison radio


C'était le jour le plus long, puisqu'il aura duré 29 journées en tout : la grève de Radio France se conclut ce 16 avril, à partir de 13 h. La Maison de la Radio retrouvera un fonctionnement normal, avec la fin du désaccord entre la direction incarnée par le PDG Mathieu Gallet et l'intersyndicale, qui réclamait son départ. Sortie de crise, mais pas fin de conflit pour autant.

 

Radio France éditions - Salon du Livre de Paris 2015

ActuaLitté, CC BY SA 2.0 

 

 

La ministre de la Culture a poussé un communiqué de soulagement, alors que, ce 14 avril, elle souhaitait encore que la CGT puisse rejoindre la tendance majoritaire des quatre autres organisations syndicales ayant levé leur préavis. La CGT avait été le seul syndicat à vouloir relancer le mouvement, lors du 28e jour de grève.

 

« Je considère que la première partie de la mission de Dominique-Jean Chertier est maintenant terminée. Il se rendra disponible pour la deuxième partie de sa mission, afin d'accompagner l'entreprise dans la discussion de son contrat d'objectifs et de moyens 2015-2019. »

 

Viendra donc le temps d'un diagnostic sur l'état actuel de l'entreprise, afin de mieux prendre en compte les différentes revendications et inquiétudes exprimées au cours de cette grève historique. À compter de demain, donc, le médiateur devra repartir à l'assaut pour que la mission soit complète.

 

Le plan de restructuration de Mathieu Gallet reste contesté, mais ses objectifs seront certainement revus. Prévoyant 300 à 380 départs volontaires, concernant les seniors de la structure, qui ne seraient contrebalancés que par 50 créations de postes. 

 

Reste que les problèmes sont toujours importants : le CSA a nommé Mathieu Gallet, et l'a maintenu en poste. Sauf que le Conseil doit également nommer le prochain président de France Televisions, et que l'affaire Gallet risque de faire des ricochets. 

 

Au cours de la période de grève, note l'AFP, c'est un montant de 1 million € de pertes publicitaires qu'enregistre Radio France, affirme la direction. Une rallonge budgétaire pourrait intervenir prochainement.

 

Au cours du conflit, plusieurs lauréats du prix du Livre Inter ont publié une tribune en soutien aux grévistes. 

Nous avons voulu réunir quelques voix, quelques signatures de celles et ceux qui ont eu la chance de recevoir un jour pour un de leurs livres le prix de la radio France Inter. Un événement qui a pu changer le cours de nos carrières d'écrivains, en faisant connaître notre travail auprès d'un public bien plus large qu'auparavant. Un prix qui exprime le choix d'un jury indépendant d'auditeurs, un jury renouvelé chaque année et par là exemplaire de l'exercice démocratique. Exemplaire d'une indépendance de jugement dont nous estimons que le service public est le meilleur garant, et qu'il est indispensable de maintenir dans un contexte où les haines racistes, les discours de rejet et de peur se taillent une place immense dans bien d'autres médias.  

 

Les actuels signataires sont Alice Zéniter, Cloé Korman, Olivia Rosenthal, Martin Winckler, Nathalie Léger, François Vallejo, Céline Minard, Laurent Mauvignier, Antoine Volodine et ils ont été rejoints récemment par Agnès Desarthe.