Murakami éteint l'incendie d'une malheureuse cigarette

Cécile Mazin - 10.02.2014

Edition - International - Haruki murakami - publicité mensongère - protestation


La semaine passée, le romancier japonais Haruki Murakami subissait les foudres d'un village de la province d'Hokkaido. Les habitants de Nakatonbetsu, citée de quelques milliers d'âmes, entourée de forêt, protestaient contre une description mensongère dans une nouvelle que Murakami publiait dans le magazine Bungeishunju. Et pour le coup, le romancier, toujours discret, a rapidement réagi. 

 

 

Hokkaido Crops

Province d'Hokkaido, MrHicks46, CC BY SA 2.0

 

 

C'était honteux : dans le texte, Murakami peignait une jeune femme, fumant au volant d'une voiture. Et d'un geste classique, la voici qui jette son mégot fumant sur la route. L'acteur conclut, comme une réflexion intérieure : « Tous les habitants de Nakatonbetsu font probablement la même chose, régulièrement. » C'est que, cette jeune femme, était originaire du petit village. Tout cela aurait pu passer comme une lettre à la poste, mais pour les autorités de la ville, la description était insupportable. 

 

Cité par Asahi, Murakami assure qu'il va modifier le texte Drive My Car. « Je pense changer pour un nom différent, quand l'histoire sortira sous la forme d'un livre, parce que je ne veux pas de problèmes. J'ai écrit l'histoire avec un grand sentiment d'intimité. Mais si j'ai blessé les gens qui y vivent, j'en suis désolé. »

 

« J'aime les paysages d'Hokkaido, où je me suis rendu plus d'une fois. Je l'ai utilisé comme un espace à plusieurs reprises pour mes oeuvres de fiction, et j'ai participé, en tant que coureur, à un marathon autour du lac Saroma », poursuit le romancier. « Je me sentirais vraiment désolé et chargé de regrets si j'en venais à blesser la sensibilité des gens. »

 

Et de conclure que s'il avait employé le nom de la ville Nakatonbetsu, c'est avant tout pour ses sonorités, qu'il aimait tout particulièrement. 

 

Shuichi Takai, secrétaire général de l'Assemblée de la ville, avait défendu bec et ongle l'honneur de sa ville, contre la petite phrase de Muraklami : « Au début du printemps, les gens de la ville se réunissent de leur plein gré dans une opération de nettoyage visant à ramasser les déchets sur les routes. Nous travaillons également dur pour prévenir les incendies de forêt, alors que 90 % de notre ville en sont entourés. Ce n'est certainement pas une ville ou les gens jettent des cigarettes tous les jours. Nous voulons savoir pourquoi le nom d'une ville réelle a été utilisé de la sorte. »

 

Ce qu'il faut en comprendre, c'est qu'un nouveau livre de Murakami est à prévoir dans les prochains mois, et qu'il sera un recueil de nouvelles.