Mutation en Seine-Saint-Denis : une prime 'bien-être' au logement

Clément Solym - 25.03.2009

Edition - Société - mutation - aide - logement


Le grand débat de la semaine pourrait venir de cette aide au logement proposée par le rectorat de Créteil, qui offrirait 2000 € annuellement durant trois années aux professeurs prenant leurs fonctions dans 19 établissements du département de la Seine-Saint-Denis.

En effet, si le département a mauvaise réputation, le Parisien affirme aujourd'hui qu'une aide financière serait débloquée pour éviter que la ronde des mutations ne se poursuive sans cesse et tenter d'apporter un peu de stabilité. Condition ? « Être nommé pour la première fois dans l'un de ces 19 collèges et emménager en Seine-Saint-Denis », précise le quotidien.

Mais ne vous imaginez pas qu'il s'agisse la d'une prime : Philippe Reymond, DRH du rectorat de Créteil, souhaite qu'on le comprenne comme « une aide au logement pour renforcer le bien-être de nos enseignants ». Évidemment, les syndicats ne l'entendent pas de cette oreille, soulignant qu'une fois de plus on prend des décisions sans leur demander leur avis, mais que ça, bon, on pourrait passer outre.

« Ça revient à stigmatiser ces 19 établissements. La stabilité des équipes, c'est surtout de ne pas supprimer de postes ! », s'insurge cependant Guy Trésallet, de la FSU 93. Car de fait, pour la rentrée 2009, on s'attend à la suppression, Darcos X-man n'est pas loin, de 24 postes, « cela veut dire 24 collègues déplacés : qu'on arrête de nous parler de stabiliser les équipes », rajoute M. Trésallet. Aussi, la FSU souhaite que l'on annule cette prime et qu'on la remplace par une indemnité en cas d'installation à Paris et banlieue « pour tous, à 1.500 euros ».

Or, il est bon de rappeler que justement, et « depuis cette année, les jeunes profs, pour leur premier poste, ont le droit de refuser d’aller travailler dans les établissements les plus sensibles ». Comment séduire et attirer les nouveaux enseignants sinon en tentant de les appâter.

Le risque d'une telle démarche serait alors d'assister à un phénomène de chasseur de prime dans les rangs des nouveaux titulaires, qui chercheraient alors à briguer les primes les plus attrayantes proposées par les académies, redoute la FSU.