MyBoox : réunir livres et éditeurs du groupe Hachette

Clément Solym - 17.10.2015

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C’est officialisé, les maisons du groupe Hachette disposeront du site Myboox.fr pour valoriser leur catalogue sur la toile. Une transformation radicale pour cette plateforme qui s’était ouverte sous la forme d’un réseau de lecteurs, auquel était adjoint un magazine dédié au livre. MyBoox aura désormais vocation « à promouvoir les livres des éditeurs du groupe Hachette Livre auprès du grand public ». 

 

 

 

Fin août 2014, les internautes avaient en effet pu découvrir un mini-site, mettant « un coup de projecteur sur la rentrée des éditeurs du groupe », nous expliquait-on alors. Le site était en effet conçu pour valoriser les éditions Fayard, Grasset, JC Lattès, Stock et Calmann-Lévy, avec une promotion des titres maisons. Ce mouvement s'était également concrétisé dans les publications du site, définitivement orientées vers les maisons littéraires du groupe.

 

La métamorphose s'était poursuivie en novembre 2014, après que la structure a été absorbée par le groupe Hachette. L'ancien directeur, David Pavie, avait quitté la société en octobre. Dans les statuts, on apprenait que des économies administratives étaient prévues, ainsi qu’une réorientation « dans le cadre de la mise en œuvre d’une politique de relation clients (CRM), utilisable par les éditeurs du groupe ».

 

MyBoox, désormais solution de communication web

 

Avec Guillaume Pech-Gourg à sa tête, MyBoox sera centré sur l’actualité des maisons du groupe, et exclusivement centré sur les 40.000 références émanant des 45 éditeurs. En outre, seront proposés des contenus originaux, par l’équipe éditoriale, en relation avec les auteurs. 

 

L’ensemble des maisons et de leurs parutions est classé selon différentes thématiques – littérature, cuisine, histoire, vie pratique, etc. Une partie magazine propose des infos et un agenda permet de rester à la page...

 

Pour ce qui est des informations publiées, elles ciblent donc, et avant tout, les maisons – comme le prix Renaudot, qui s’efforce de mettre en avant tout particulièrement les éditions Stock et Grasset, encore en lice. 

 

La dimension sociale n’a pas totalement disparu, puisque cette version dispose tout de même d’espaces personnels avec différents jeux littéraires, une bibliothèque de lectures prochaines, ainsi qu’un forum d’échanges entre membres. En outre, l’outil propose chaque semaine des conseils de lectures. 

 

Bien entendu, les piles à lire ou les pages cornées ne concernent que les ouvrages du groupe : il ne sera pas possible de prolonger l’expérience de réseau social de lecture, en ajoutant des titres venus d’autres maisons. 

 

Des exclusivités en numérique seront à découvrir, ainsi que des ventes flash et pour tous les livres présentés, il sera possible d’ajouter la version numérique ou papier, après une redirection vers les sites de vente et librairies traditionnels.

 

La plateforme offre enfin « d’aborder un livre à travers des entrées alternatives, telles que les “DrawMyBOOX” qui racontent des romans en dessins ou des playlists qui expriment l’atmosphère musicale d’un livre. MyBoox entend ainsi élargir l’univers du livre ».

 

Promouvoir les maisons de la Maison

 

Depuis des premiers pas compliqués sur le net, et en dépit de ses différentes tentatives de se modeler une identité, MyBoox semble avoir trouvé sa voie. Mais que d’investissements pour le groupe Hachette, et finalement de temps perdu, alors que depuis le départ, MyBoox a toujours souffert de cette difficile recherche d'équilibre : appartenir à un éditeur et valoriser les livres d'autres éditeurs de groupes concurrents.

 

En transformant la plateforme en sorte de VRP internet plutôt complet, la stratégie corporate est bien affirmée. Bien des choses restent à faire, pour arriver à devenir une passerelle efficiente pour les maisons d'édition du groupe – aucun lien renvoyant vers les pages des sites d'éditeur, et l'inverse est également vrai. Et dans le même temps, si la démarche ne manque pas d'intérêt, ne joue-t-elle pas simplement le rôle d'une agence de communication ?

 

Un parallèle peut expliquer mieux le changement de cap. On se souvient que les offres d’abonnement illimité pour les livres numériques ont dû être profondément révisées. Et le plus simple était, à la manière de ce que les Humanoides associés ont alors conçu, qu’un éditeur décide de rassembler son propre catalogue, en fixant un prix d’accès. Hachette a opéré de la même manière : MyBoox première version était une plateforme coûteuse, un gouffre de fait, qui tentait de couvrir l'info de toute l’actualité éditoriale. Désormais recentrée strictement sur le catalogue maison, elle lui offre un focus particulier.

 

Il faudra attendre encore, pour vérifier si les internautes étaient en demande ou en attente, d’un canal d'accès si spécifique.