Nabokov : idées bien arrêtées en matière de littérature

Xavier S. Thomann - 30.03.2013

Edition - Société - Nabokov - Humour - Lolita


Si Nabokov est connu pour ses romans, il l'est aussi pour son humeur et sa tendance à ne pas garder sa langue dans sa poche. Dans un extrait d'un vieux documentaire audio, l'auteur dit tout le bien qu'il pense des passages en italique et d'autres choses qui l'agaçaient au plus haut point. 

 

 

 

 

C'est un fait, on est plutôt tolérant avec les génies et leurs sauts d'humeur. Vladimir Nabokov ne fait pas exception à la règle. Sous prétexte qu'il était un grand écrivain, doublé d'un entomologiste de renom, on mettait sur le compte du talent ses coups de gueule. Et aujourd'hui, on trouve ça plutôt jouissif et rafraîchissant. 

 

On en veut pour preuve ce vieil enregistrement partagé sur le site Brain Pickings. L'écrivain joue les ronchons et n'hésite pas à nous dire ce qui le met en rogne. Certes, ce n'est pas grand-chose, mais c'est plutôt amusant. 

 

Sachez donc que Nabokov ne supportait pas les auteurs qui mettaient des passages en italique pour « signifier l'éruption des pensées du personnage. » On est plutôt d'accord avec lui sur ce point-là. C'est vrai que mettre des italiques pour accentuer des passages, c'est un procédé un peu facile, que l'on trouve pourtant dans de nombreux livres, ce qui est d'autant plus agaçant. 

 

Autre chose qu'il ne pouvait souffrir : la musique en bruit de fond. Il n'explique pas trop pourquoi, mais on imagine qu'il ne pensait pas que l'on pouvait écrire dans de telles conditions. En tout cas, ça l'énervait suffisamment pour qu'il le note dans un carnet. 

 

Enfin, une pique pour les journalistes : il met en cause les clichés utilisés par les critiques littéraires. Il y en a un qui le fait bien rire, c'est « l'instant de vérité. » Promis, on en tiendra compte ! 

 

Sinon, c'est loin d'être sa seule sortie sur ce qui est bien et pas bien dans le domaine des Lettres. Il y a même tout un livre sur le sujet, Strong Opinions. Comme le titre l'indique, il y parle à coeur ouvert de ce qu'il n'aime pas. 

 

Et pour se faire une idée de la haute opinion qu'il se faisait de la chose littéraire (à juste titre d'ailleurs), on peut se reporter à d'autres entretiens, au cours desquels il affiche un snobisme assez incroyable. Dans un entretien accordé à l'émission « Lectures pour tous » en octobre 1959, il a ces mots incroyables : « J'écrivais pour moi-même, c'est-à-dire pour le meilleur lecteur que je connaisse ».

 

Il parlait alors de l'écriture de Lolita, avant d'ajouter : « J'ai trouvé depuis beaucoup de bons lecteurs, aussi bons que moi ». Ouf !