Najat Vallaud-Belkacem "une représentation équilibrée" entre les sexes

Nicolas Gary - 27.01.2014

Edition - Société - Académie française - parité hommes femmes - Najad Vallaud-Belkacem


À l'occasion des discussions à l'Assemblée nationale, ce 24 janvier, la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem a réclamé un meilleur équilibre dans la représentation entre hommes et femmes. Dans le cadre de la loi égalité entre les femmes et les hommes, c'est tout un amendement présenté par Sébastien Denaja, rapporteur, qui cherche un faire de notre monde une terre plus juste. 

 

 

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virginia manso, CC BY 2.0

 

  

Ainsi, il réclame que « lors du renouvellement des membres des cinq académies regroupées au sein de l'Institut de France, leurs membres veillent à assurer une représentation équilibrée entre les femmes et les hommes ». Pour exemple, l'Académie française, dont la secrétaire perpétuelle est Hélène Carrère d'Encausse, ne compte que 21 % de femmes sous la coupole. 

 

« Mais il y a pire. L'Académie des inscriptions et belles-lettres compte 3,6 % de femmes, l'Académie des sciences 10,7 %, l'Académie des beaux-arts 5,2 %, l'Académie des sciences morales et politiques 8 %, et le bureau de l'Institut de France, l'instance de pouvoir de ces institutions, 18,1 % », souligne le rapporteur. Qui ne se prive pour l'occasion pas de citer Stendhal : « L'admission des femmes à l'égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation, et elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain. »

 

L'Institut de France compte donc parmi les institutions visées par cet amendement, auquel la ministre a réservé un chaleureux accueil. « Nos académies et l'Institut, depuis qu'ils ont été inventés par Richelieu, sont supposément la voix de l'excellence de la France, et je crois que nul ne doute aujourd'hui que l'excellence se conjugue au féminin comme au masculin. Or, compte tenu de leurs règles de composition, nous sommes encore loin de la parité », explique-t-elle.

 

Depuis 1980 et l'arrivée de Marguerite Yourcenar, l'Académie française compte parmi les lieux où il serait de bon goût qu'une représentation équilibrée intervienne. « Cela fait aujourd'hui trente-quatre ans qu'une femme est entrée à l'Académie française. Les progrès sont trop lents. Je voudrais à mon tour avoir une pensée pour les pionnières qui ont fait et font l'honneur des femmes à ces sièges de prestige, en particulier pour quelqu'un que j'aime beaucoup, Jacqueline de Romilly, dont je veux ici saluer la mémoire. »

 

Un bicorne, une cape et une épée pour les femmes, voilà qui serait de bon ton. « Je pense qu'il y a lieu, pour les héritières d'Olympe de Gouges, de Simone de Beauvoir, de George Sand, de Marie Curie, de faire œuvre utile en permettant à davantage de femmes d'entrer au sein de chacune de ces académies », insiste pour sa part le rapporteur. 

 

L'amendement a été adopté. Catherine Coutelle, présidente de la délégation aux droits des femmes, soulignera que l'on avait refusé à Marie Curie d'entrer à l'Académie des sciences « du fait de son sexe ». Et que son entrée au Panthéon n'était due qu'à la présence de son mari : c'est le couple qui avait été admis, et pas la scientifique. « Nous voulons féminiser les titres, car sans cela les femmes restent invisibles dans leurs responsabilités. C'est pour nous une nécessité. Nous souhaitons donc que les académies se féminisent elles aussi. »

 

En aoîut dernier, la ministre avait déjà plaidé pour un inversement de la tendance actuelle. Chiffres à l'appui, la ministre soutient que le monde de la culture est un véritable bastion des inégalités entre femmes et hommes, « pour ne pas dire un empire de la confiscation masculine du pouvoir ». Il est vrai que les propos récents d'Antoine Compagnonprofesseur au sein du Collège de France, ne lui donnent pas tort...