Ne pas avoir honte de publier soi-même son eBook

Xavier S. Thomann - 07.05.2013

Edition - Société - Mark Bastable - Grand Canyon - Auto édition


Mark Bastable a d'abord publié ses livres par la voie traditionnelle, avant de songer à l'édition numérique. Il avoue que ses réticences, récemment vaincues, étaient le résultat d'un certain snobisme vis-à-vis de l'auto-édition. Il explique ce qui l'a fait changer d'avis. 

 

 Grand Canyon National Park: View from Hermits Rest 4235

rand Canyon NPS, CC BY 2.0

 

 

À ses débuts, l'auto-édition numérique s'adressait aux auteurs qui n'arrivaient pas à se faire publier par les voies « normales ». C'est en tout cas ce que pensait Mark Bastable, comme il nous l'explique dans son article du Telegraph. D'ailleurs, il n'était pas le seul à le penser. Et comme beaucoup d'autres acteurs du livre, il a compris que les choses ont bien changé depuis. 

 

« Je pensais que la révolution du livre numérique serait une débauche chaotique de publications vaniteuses, au cours de laquelle les écrivaillons pourraient mettre en ligne leurs romans sur le déclin des valeurs anglaises ou leurs relectures poussives du Seigneur des Anneaux. »

 

C'est vrai que par certains côtés, l'auto-édition ressemble encore un peu à ça. Mais, d'un autre côté, de plus en plus d'auteurs reconnus n'hésitent pas à faire le choix de l'auto-édition. Impensable il y a encore quelques années. Récemment, David Mamet a fait part de son intention de publier lui-même son livre. 

 

Bastable est maintenant convaincu de l'intérêt de l'auto-édition. La preuve : « Ce mois-ci, j'ai lancé un roman sur le marché numérique ». Il précise toutefois qu'il a passé un temps fou à faire le travail de mise en page et de présentation normalement dévolu à l'éditeur. 

 

Maintenant que son livre est en ligne, le « vrai travail peut commencer. » Car, c'est un peu comme lancer une bouteille à la mer, les lecteurs n'arrivent pas par magie. Ou selon une autre métaphore : « Publier un livre c'est comme jeter un pétale de rose dans le Grand Canyon et attendre un écho ».

 

En d'autres termes, un travail de promotion éreintant s'impose. Blogs, sites divers et variés, Twitter, réseaux sociaux en tout genre, tout est bon pour faire connaître son livre. Ainsi, l'auteur devint son premier et unique « représentant de commerce » : « Il faut dire à tout le monde (au boulot, au café, à l'arrêt de bus) que votre livre est disponible et qu'il est vraiment très très bien. »

 

On l'aura compris, le métier d'écrivain est plus complexe que jamais.