Ne pas tourner le dos à l'héritage de science-fiction en France

Clément Solym - 12.11.2009

Edition - Société - tourner - dos - héritage


Venu faire un petit bonjour dans l'émission de Vincent Josse sur France Inter, Serge Lehman en a profité pour glisser quelques mots sur l'ouvrage collectif qu'il a publié dernièrement chez Denoël, Retour sur l'horizon, réunissant quinze nouvelles de science-fiction française, pour offrir un panorama d'un genre malmené dans le pays.

Désireux avant tout de réconcilier avec « un genre réputé pour d'ados, réputé mal écrit, c'est un genre réputé américain », Serge Lehman veut revenir sur le fait que la SF est « un genre littéraire » avant tout. Cette seconde anthologie de la science-fiction française en 10 ans veut montrer que la culture française ne devrait probablement « tourner le dos à cet héritage ».

Un ouvrage qui découle d'un appel à textes pour lequel il a « reçu 240 nouvelles » et présente donc un panorama d'auteurs depuis ceux qui publiaient déjà dans les années soixante jusqu'à des auteurs aujourd'hui reconnus et qui ont commencé voilà une quinzaine d'années. Ces 15 textes devraient présenter ce qui se fait aujourd'hui de plus actuel et « parleraient le plus à la culture d'aujourd'hui ».

Alors quelle imagination française en science-fiction ? Les auteurs du reste du monde face à une situation de crise dégagent les mêmes problématiques, mais les auteurs français, eux, en réponse aux crises dévoilées se tournent vers l'art ou vers la littérature. Tout en jouant le jeu de la spéculation, des projections. Et si l'on ne trouve aujourd'hui plus des masses de grandes poussées vers l'espace avec des galaxies ou des aventures galactiques, c'est que depuis les années 90, l'euphorie est retombée. Selon Serge Lehman, la période serait à délimiter entre la chute du mur de Berlin et la chute des Twin Towers.

Une anthologie qui est résolument « sombre et drôle, drôle pour ne pas rester sombre ». Car la nouvelle génération répond aux ambitions de la science-fiction en France, tout en marquant les singularités de son époque : ses auteurs sont souvent « polyculturels » et en phase avec la culture de leur monde. La conséquence probablement d'avoir plusieurs cordes à leur arc, quand les uns sont musiciens, les autres scénaristes de BD...

Question : la BD alimentera-t-elle la littérature de science-fiction ? Et puis, si l'on parle encore de sous-genre littéraire, où de paralittérature, on notera qu'au moins le mot littérature est présent.

(Écouter l'émission sur Esprit critique, à 7 minutes environ)