Négocier un contrat avec Amazon, 18 mois de tergiversations

Antoine Oury - 07.08.2014

Edition - Les maisons - Amazon Hachette négociations - conflit contrat ebooks - Kensington Publishing


Depuis plusieurs semaines, l'un des plus grands groupes d'édition du monde et le plus important revendeur de la planète se livrent une guerre sans merci, autour de la marge accordée à Amazon sur la vente des ebooks de Hachette Book Group. Très peu d'informations circulent, à part celles qu'Amazon veut bien laisser filtrer, et le pugilat pourrait bien se poursuivre pendant un moment.

 


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(Flazingo Photos, CC BY-SA 2.0)

 

 

Le groupe Hachette Book, aux États-Unis, est en guerre ouverte avec le revendeur, qui a décidé depuis plusieurs mois de supprimer les remises sur les livres papier, d'introduire des délais de livraison importants, et d'empêcher les précommandes de nouveautés. Amazon attend des marges plus importantes sur les ventes de livres numériques, et n'hésite pas à communiquer ouvertement sur les sommes versées par Hachette, notamment aux auteurs.

 

Le Wall Street Journal, dans un article réservé aux abonnés, rapporte que le « petit éditeur » Kensington Publishing, basé à New York, a passé 18 mois à négocier un contrat d'un an avec le site de e-commerce. « Chaque partie était résolument arquée sur ses positions, et ne voulait pas bouger d'un pouce », se souvient Steven Zacharius, président et directeur exécutif de la maison.

 

Comme avec tout autre revendeur, les termes du contrat portent sur les remises accordées par l'éditeur sur les ouvrages, les possibilités de promotions laissées au revendeur, ainsi que la répartition des revenus générés par les ventes, et la marge qui revient au vendeur. Les négociations entre Amazon et Hachette entrent dans leur quatrième mois, et, étant donné les enjeux, pourraient s'étendre sur une plus longue période.

 

En effet, les belligérants pèsent ici 75 milliards $ de chiffre d'affaires sur 2013, pour Amazon et 7,5 milliards $, sur une même période, pour Hachette. Chacun a donc de solides barricades devant ses positions, et seule une négociation réussie semble pouvoir mettre un terme au conflit.

 

Une étude réalisée fin juillet révélait que sur 5300 individus interrogés, 393 personnes, au courant du conflit entre Amazon et Hachette, avaient mis un coup d'arrêt à leurs achats sur Amazon, sans que l'on sache vraiment si ce « boycott » était dû à de simples convictions ou à un mécontentement suite aux restrictions appliquées par le vendeur sur les stocks de Hachette.